vendredi, juin 01, 2007

120 jours plus tard


Après une centaine d'heures d'autobus, quatre-vingt heures dans les trains, une soixantaine d'heures passées dans les aéroports et avions, cinq heures de moto, deux heures de chameau, une heure de pousse-pousse... Je suis revenue.

Un départ douloureux de Pékin, une nuit en train jusqu'à Shanghai. J'y arrive avec le soleil du matin et avec le sentiment pour la troisième fois de revenir chez-moi en voyant les immeubles trop futuristes qui y poussent. Mais cette fois, plus de lit qui m'y attend. Métro et taxi jusqu'à mon café préféré, où les serveurs me font un sourire qui veut tout dire (Traduction libre: Mais on croyait que t'étais repartie chez toi! Un mois sans te voir! Tu as l'air moins propre que d'habitude... On dirait que tu arrives du désert.) Un milk shake aux bananes, puis un café au lait. J'étire le temps jusqu'à-ce que les boutiques ouvrent; dimanche matin c'est long. Puis je revisite Fuxing Lu, emplie de fleurs cette fois, et j'arrête dans les galeries d'art et chez mes designers préférés. Ça sent bon l'été à Shanghai, je suis surprise. Faut dire aussi que je reviens de Pékin la polluée.

Midi; chez Zhang Da récupérer mon immense valise qui m'y attendait depuis un mois. Et mon ami le Mac portable qui doit être tanné de dormir dans l'humidité Shanghaiéenne. On retourne à Verdun mon petit. J'arrête dans mon resto de rue préférée faire une réserve de dumplings pour la journée. Avec lesquels j'ai pu traverser les douanes... bizarre non? Pas question de traverser de l'eau, mais des dumplings vas-y fort. Un dernier aurevoir à Zhang Da, puis un taxi jusqu'à l'aéroport de Pudong, qui ressemble à une navette spatiale. Zai jian Shanghai.

En distance, j'ai fait au moins une fois et demi le tour de la planète (elle est petite dans le fond). J'ai découvert un peu des cultures de cinq nations différentes, sans compter les voyageurs. J'ai vu des montagnes à peine moins hautes que l'Everest, j'ai vu le désert. Je me suis sentie chez moi dans une ville complètement folle. J'ai pas perdu de morceau, j'ai pas la Malaria. Non j'ai pas de dreads. Je parle encore québécois. Je suis contente.

jeudi, mai 17, 2007

Pékin

Trois jours et demi passés à Pékin, la capitale. La charmante et chaleureuse auberge de jeunesse où nous logions se trouvait dans un joli hutong, avec une belle terrasse sur le toit.

Pas envie de faire les lieux touristiques, déjà le retour en terrain urbain est dépaysant. On fait les marchés aux puces, pour dénicher des trouvailles et trésors. Ou fouine dans les vieilles boutiques de livres usagés; sous la poussière, les livres aux couvertures de tissu attendent et racontent. Je trouve enfin les cds des groupes de rock indie de Pékin que je cherchais (Pékin est à la fois une vieille histoire et une nouvelle ville branchée).

On loue des vélos pour une journée; on se perd tranquillement dans les hutongs, ces vieux quartiers qui deviennent de plus en plus rares. On y observe la vie de quartier, l'activité des vieilles rues, les gens qui y vivent au quotidien.

Ces hutongs qui disparaîssent peu à peu, tout comme les vieux quartiers de Shanghai...

lundi, mai 07, 2007

Retour en terre Han

Nous avons quitté Hotan pour Urumuqi en traversant le désert de Taklamakan en autobus, 24 heures. Le Lonely Planet nous conseillait d'apporter des vivres et de l'eau pour quelques jours; les tempêtes de sable sont courantes. Le désert était peuplé de *Lost devils*, c'est assez impressionnant. Ce sont comme des tornades de sable mais qui restent au sol. La route a bien été, nous avons traversé une petite tempête de sable, bien inoffensive.





Une nuit a Urumuqi, question de prendre un peu de repos, puis 20 heures de train vers Lanzhou, dans la province de Gansu. Une grosse ville mais sympathique, sur la rive de la Rivière Jaune.


Nous partons aujourd'hui pour Pékin en train, 22 heures, sans lit cette fois; nous sommes en pleine période fériée ici, toutes les couchettes étaient vendues. Nous passerons donc la nuit sur un siège dur.

lundi, avril 30, 2007

La route de la soie

Beaucoup de route dans cette province surprenante et fascinante!
Nous avons quitté Turpan pour Kashgar en autobus; 24 heures en couchette, entourés de femmes voilées et de purs musulmans. C'est assez déstabilisant. Kasghar est complètement à l'ouest de la Chine; plus près de Bagdad que de Pékin. Et ça ne ressemble pas du tout à la Chine. Nous avons flâné dans la vieille ville, où on a l'impression que rien n'y a changé depuis des siècles.


Ensuite nous avons pris le bus vers le lac Karakul, cinq heures et demi de route sur la plus belle autoroute au monde, la Karakoram. Nous sommes arrivés au bord d'un lac turquoise où se réflètent comme dans un miroir les montagnes. Deux montagnes sont près de 8 km de haut, soit quelques centaines de mètres de moins que l'Everest. Toutes enneigées, et bordées de montagnes de sable rouge. Aucune verdure; le sol est aride et désertique.



Nous avons passé deux nuits chez une famille qui ne parlait ni uighur ni chinois, mais un dialecte local (nous avons appris quelques mots de Uighur, ce qui nous rend les gens des villes très sympathiques). Ce n'était pas un village, mais une dizaine de maisons en terre, très chaleureuses et confortables. Mais bien évidemment sans eau courante. Nous avons fait du chameau sur les rives du lac, puis nous avons loué leur moto pour un après-midi. Le lac est déjà à 4 km d'altitude (ce qui est assez dur pour le corps, nous étions constamment essouflés et étourdis). Avec la moto, nous sommes allés plus loin encore sur l'autoroute, et nous avons atteind l'altitude de la neige, puis la frontière du Xinjiang. Nous étions à quelques montagnes du Tajikistan! Cinq km d'altitude. Magnifique. Nous nous sommes arrêtés dans quelques villages, où les gens nous acceuillaient dans leur maison et nous offrait du thé et du pain sur le bord du foyer. Généreux et souriants.



Ensuite, nous avons repris la route jusqu'a Karghalik (en repassant par Kasghar mais sans nous y arrêter), un petit village sur la route de la soie. Bruyant et empli de personnes non souriantes. Une pas très bonne energie. Mais notre soirée y a été réussie; nous avons joué aux cartes dans un parc, et, en quelques minutes, nous étions entourés d'une foule d'enfants qui riaient avec nous et suivaient nos parties. Pendant au moins deux heures, la foule grossissait constamment. Nous avons réussi à échanger avec eux (un peu), ça a été vraiment génial. Petit bémol; un employé de l'hôtel est entré dans notre chambre pendant notre sommeil et a volé ma caméra. La porte était ouverte au matin, et ma caméra disparue. Tout la tralala, police et tout. C'est triste, mais c'est la vie. Pas de blessé. Les photos de ce message viennent de l'Internet...

Nous sommes maintenant à Hotan, une ville de 100 000 habitants, toujours sur la route de la soie. Chaque ville sur la route de la soie est en fait un oasis. Ici les gens sont supers, souriants et chaleureux. Nous pensons donc rester une deuxième et peut-être une troisième nuit ici. Tout se passe dans la rue ici, c'est donc facile d'échanger avec les gens. La plupart dorment même dans la rue, les lits sont devant les restaurants, et le jour ils servent de table: recouverts d'un tapis puis d'une petite table, on s'y assoit en indien. Et la bouffe Uighur est super. Nous pensons ensuite traverser le désert de Taklamakan.


samedi, avril 21, 2007

Turpan

Et me voilà dans le désert, à Turpan.
Pas de photo malheureusement; je ne trouve pas de prise usb. Faites une recherche sur Goggle image, Turpan ou Turfan.

Je suis présentement dans la chambre à coucher d'un petit garcon d'environ 10 ans; c'est aussi sa salle de bain (sans eau courante), le café Internet, le dépanneur local...

J'ai été deux jours malade, diahrée et fièvre, mais rien de grave. Du repos. Peut-être le changement d'altitude, ou tout simplement l'excitation due à toutes ces aventures. Urumqi a une altitude très élevée (environ 2000 m), et Turpan est un des points les plus bas au monde, le second après la mer morte en fait. Une oasis au milieu du désert. Une toute petite ville, sans stress, où les gens sont très acceuillants.

Nous allons ce soir dîner chez une famille Uighur dans le désert, puis nous y dormirons sous les étoiles. Demain nous allons avec un guide (qui est vraiment adorable) visiter les ruines et voir les *Flaming Mountains*. Nous n'avons pas pu aller voir le lac près d'Urumqi parce que nous sommes hors saison, il n' y a donc pas de bus, et louer une mini-van était trop cher pour nous. Et nous ne sommes pas allés dans la réserve au nord du Xijinag parce qu'elle est enneigée. C'est impossible de planifier ici, rien n'est certain.

Nous pensons partir sur la route de la soie lundi vers Kasghar, tout près du Pakistan. Environ 20 heures d'autobus. Nous rencontrons un voyageur par jour environ. Il fait chaud mais pas trop; environ 25 degrés au soleil, avec un doux vent du désert. Pour eux il fait froid; les piscines sont fermées. Ils sont habitués à 45 degrés au soleil; c'est le point le plus chaud de la Chine.

Je passe des moments magnifiques, je rencontre beaucoup de gens... On échange avec eux, on rit beaucoup. Des choses toutes simples deviennent de petits bonheurs. Balance.

lundi, avril 16, 2007

Urumqi

Après avoir dit adieu à mon appartement, c'est 48 heures de train qui m'attendaient. Plus confortable que je ne le croyais, le transport s'est avéré moins pénible que ce à quoi je m'attendais. Nous avions des lits durs, les plus hauts. On a rit, joué aux cartes, au bonhomme pendu, joué avec les enfants du wagon... Ça a passé très vite.

Bienvenue à Urumqi.




La Chine? Où ça? C'est au moyen-orient que l'on se trouve maintenant. Les caractères chinois côtoient les caractères arabes, les femmes musulmans sont voilées, les temples bouddhistes sont remplacés par les mosquées. Tout un choc. Pas de rouleaux de printemps ou de soupe wonton ici; du riz pilaf et des shishs kebabs. J'adopte le style couverte-de-la-tête-aux-pieds ici (on ne me voit ni les chevilles, ni les avant-bras) et malgré cela, les hommes me dévisagent longuement. Je ne me ballade pas sans Ludger. Il n'y a pas beaucoup de touristes blancs ici, nous en avons vu peut-être 5 depuis notre arrivée. Il y a des touristes chinois, mais nous sommes dans la basse saison, alors ils sont rares.

Demain nous allons sur les rives du lac Tian Chi, enfin un peu de nature. Puis mercredi nous prenons un bus ou un train vers Kanas Lake, qui a l'air d'un endroit merveilleux. Ensuite nous reviendrons vers Urumqi pour planifier un périple dans le désert. Ça dit dans le Lonely Planet que le Xinjiang est pour les *hardcore travellers, looking for some serious adventures*. Je comprends. Mais nous sommes chanceux, la température est belle, pas trop de vent (c'est la saison des tempêtes de sable). Nous dormons ce soir dans une auberge de jeunesse, ils vont pouvoir nous aider à organiser nos expéditions. Nous rencontrons beaucoup de gens gentils et généreux, beaucoup de belles rencontres...

mercredi, avril 11, 2007

Une nouvelle

Je viens d'avoir un message sur msn de Ludger (il est dans un autre café Internet quelque part à Shanghai!): notre train est vendredi soir, 8:48. On va donc arriver très très tôt lundi matin à Urumqi! Ou très tard dimanche soir.

Quitter le nid chinois


C'est l'été, il fait soleil, tout le monde est dehors à Shanghai. Et tout le monde sourit.
Et j'ai un café tous les matins depuis que Ludger est là; il a ramené un filtre vietnamien, du café vietnamien, et du lait condensé. Miam.

Lundi
Travaillé au studio, Zhang Da et Gugu étaient à Hangzhou jusqu'à mardi soir.
Le soir j'ai invité mes collègues (la patroniste, la couturière et l'assistante) à souper après le travail. C'était trop agréable, mais malheureusement je n'ai pas de photo; mes batteries m'ont abandonnée.

Mardi
Finaliser mes dessins et patrons, c'est la dernière journée... Drôle de sensation. L'assistante d'un photographe français qui vit à Shanghai et que j'avais déjà rencontré est passé chercher des vêtements pour un shooting le soir même. Je l'ai aidé à choisir les pièces et à les transporter, puis elle m'a demandé si j'aimerais assister au shooting. Ho oui! J'ai donc passé la soirée à jouer à la styliste et à leur expliquer comment se portent les vêtements de Zhang Da (pas toujours évident). J'ai beaucoup apprécié. Et j'ai aussi joué à la photographe (on clique dessus pour agrandir):Aujourd'hui, mercredi, j'ai fait mes valises. Une qui m'attendra à Shanghai jusqu'au 13 mai, le jour où je décolle vers Montréal (j'arriverai dimanche soir le 13 mai). Et mon sac-à-dos qui me suivra dans le désert pour trois semaines, puis à Pékin une semaine. Le voici mon fameux désert, dans la province de Xijiang:
Ce soir je m'en vais souper avec Zhang Da et Gugu, on va faire le point sur mon stage et parler de mon évaluation. Demain je vais avec Ludger à Suzhou jusqu'à vendredi (c'est à 45 minutes de bus de Shanghai, et la température est parfaite pour aller voir les fleurs là-bas), puis on devrait partir en fin de semaine vers Xijiang, en train. 51 heures de train; c'est long! Livres et musique. On va se promener de ville en ville vers le sud pendant trois semaines, puis on va se séparer; lui retourne au sud pour traverser la frontière vers l'Inde, moi je vais vers Pékin en train. Ça va être tout un changement d'univers, passer du cool Shanghai à la nature sauvage des régions éloignées où vivent les minorités. Vive les contrastes!

lundi, avril 09, 2007

Oui oui je suis là!

Les journées s’envolent… Je vais bientôt perdre Shanghai!

Ludger est arrivé sain et sauf après des dizaines d’heures de train. Depuis je joue au guide touristique, je lui fais découvrir tous mes coins et recoins préférés de la ville. Il y en a beaucoup! Et ça me fait réaliser que je commence à bien connaître la ville et les gens qui l’habitent. La ville n’est plus un labyrinthe pour moi, et je ne suis plus une inconnue. Je commence à en faire partie et ça m’attriste un peu de quitter.

Vendredi
Mes collègues ont invité Ludger à venir dîner avec nous, et Win Le s’est jointe à nous. Ça a été vraiment agréable, elles l’ont beaucoup apprécié (il les a fait rire une heure durant). Puis le soir, je lui ai fait voir un bar que j’aime bien tout près de chez-moi, le Logo. L’ambiance y est toujours très chaleureuse, c’est la fête. On jase et l’on rit avec plein de gens, chinois et étrangers confondus. Djs et mcs nous ont fait danser jusqu’à très tard.

Samedi
Direction la vieille ville. C’est assez dépaysant de passer du nightlife branché au vieux Shanghai, ça donne l’impression de changer de siècle. Je lui ai montré brièvement le Yu Garden, qui n’est pas très intéressant car trop touristique; bondé de groupes. Voici ce que j’y ai vu de plus intéressant :


Ensuite on s’est promené dans les petites rues loin des touristes où vivent les gens, où s’activent les vendeurs de fruits, où les vieillards boivent tranquillement leur thé en jouant aux cartes, où les femmes lavent la vaisselle dans la rue. Là où les gens vivent une famille complète dans une seule pièce. Et où les gens sourient.

Marche d’une quinzaine de minutes jusqu’au Bund, la rivière, les gros bateaux, les touristes par dizaines. Les vidéos projetées sur les gratte-ciels aux formes toutes plus surprenantes les unes des autres, les cerfs-volants, le bruit, le coucher du soleil. C’est comme un grand tour de montagnes russes Shanghai, lui qui arrive du calme Viêt-Nam, de la nature, il est étourdi. Shanghai ça saoule.

Tant qu’à être au Bund, j’en profite pour aller voir les nouvelles pièces de Zhang Da dans la boutique qui les vend. Je n’ai pas le temps de toutes les voir passer au studio, et je voulais avoir une vue d’ensemble de la collection jusqu’à présent. Une douzaine de pièces, tout est noir et bleu marin, très minimaliste et inspiré autant de la Chine traditionnelle que du sportswear.

Ensuite, je l’invite à se reposer… dans le taxi. Direction Xin Tian Di, un carrefour très animé et très beau de soir. Les petites lumières blanches qui pendent des arbres, le jazz live, ça coule. On s’y promène, on fouine dans les boutiques. Le marathon n’est pas fini. Un verre au bar-lounge Face, dans l’ex-concession française, pour voir la déco indienne, les bobos de Shanghai, l’ambiance feutrée. Puis on va souper à mon resto cantonnais préféré, tout près de chez-moi où l’on a tellement ri avec les employés – des jeunes qui y travaillent au moins six jours semaine. Et ensuite? Ensuite dodo, pas de sortie pour ce soir, il en a eu assez je crois.

Dimanche
Journée art. En métro jusqu’aux galeries dans l’ancienne usine, on flâne. Les gens qui tiennent les galeries se rappellent de moi, on discute avec ceux qui parlent anglais. On passe au moins une heure dans la librairie d’art qui s’y trouve. Il fait encore soleil et très doux, l’ambiance est relax. Je m’arrête jouer avec une petite fille d’environ quatre ans dans une rue; on ramasse des roches pour les mettre dans un bol (on fait une salade). J’y reste une vingtaine de minutes, c’était vraiment un beau moment. Elle était très méfiante au début, mais tranquillement la confiance s’est installée - elle aimait mes choix de roches. Puis on a mangé du tofu frit et un genre de pain aux herbes dans la rue.


Métro puis taxi jusqu’au Bridge, un endroit similaire mais plus petit, où une nouvelle librairie spécialisée en design vient d’ouvrir. Café en bouquinant, et un livre de plus à poster. Il est presque six heures.

Je lui réserve une surprise; de l’autre côté de la rue, entre deux galeries d’art, une grosse porte en métal. On y entre, il fait noir, et le drum ‘n bass fait vibrer tout l’immeuble. Bienvenue à Pause, un après-midi de drum ‘n bass organisé par les djs locaux. Oui, même en plein après-midi à Shanghai, c’est le party. J’y rencontre plusieurs personnes que je connais, des gens avec qui je suis déjà sortie, une propriétaire de galerie qu’on a vu quelques heures plus tôt, une serveuse d’un restaurant que je rencontre à chaque fin de semaine… On danse jusqu’à neuf heures, on se croirait en pleine nuit.


Puis dodo. Je lui ai demandé ce qu’il voulait faire aujourd’hui, lundi : «Rien, lire dans un parc, et me remettre de tout ce que tu m’as fait voir en fin de semaine.» Hi hi. Shanghai ça fatigue, mais très vite on en devient accroc.

Stage
J’ai travaillé surtout pour Gugu la semaine passée sur son pantalon, qui est terminé. Les imprimés aussi sont terminés. Vendredi j’ai passé la journée à dessiner pour Zhang Da, puis je lui ai présenté mes esquisses vers six heures. J’ai un patron de t-shirt à faire aujourd’hui pour lui, et du moulage pour une jupe. Seulement deux jours devant moi pour tout terminer, j’ai eu un peu de difficulté à dormir hier.

mardi, avril 03, 2007

Mardi le 3 avril


Journée de patron. Un pantalon, braguette, poches passepoilées, le gros kit. Et j'ai découvert le fondement des fourches. Je devais rêver pendant le Cours de Fourches au cégep. Une autre grande vérité vitale de maîtrisée. Watch-out-les-beaux-fonds-de-culottes.


On a eu la visite de deux acheteuses de Pékin aujourd'hui (qui sont arrivées avec des cafés pour nous, bon matin). Elles ont passées quelques heures à essayer, regarder, tâter. Puis, quand je suis revenue de dîner avec mes chères collègues, la plus volubile des deux en venue me voir. Elle m'a félicité pour le design des sacs, elle m'a dit qu'elle les aimait beaucoup et qu'elle les prenait dans sa boutique. J'étais rouge je crois, et très surprise que Zhang Da leur ait dit que j'y avais participé (en Chine, la hiérarchie est disons… plus que présente). Et elle m'a donné son numéro de cellulaire et son courriel, et m'a dit «quand tu passeras à Pékin le mois prochain, tu m'appelles, on ira manger ensemble». Génial. C'est une artiste qui a un très gros studio dans ce qui est appelé le 768 (ou 798, ou 769, ou quelque chose qui ressemble), une ancienne usine transformée en studios d'artistes. Il y a la même chose à Shanghai. Elle a étudié en sculpture mais fait surtout de la céramique. Zhang Da m'a montré des photos de son travail et ça semble intéressant. Et elle ouvre une boutique dans une partie de son studio. Elle parle français car elle a passé quelques années à Bruxelles.

Et on s'est fait un festin d'ananas cet après-midi, délicieux. Ça goûtait le soleil. Les voici les deux coquines qui m'invitent à dîner depuis deux semaines :


Une fois le patron fini (oui, oui, il est fini), je suis sortie pour acheter le tissu à l'endroit que j'avais tant cherché samedi et qui était finalement fermé, dans la vieille ville, c'est pas la porte à côté. Eh ben, c'était encore fermé. Pour toujours peut-être.

Mais j'en ai profité pour m'acheter un bon repas, parce que, dans la vieille ville, la bouffe est différente de celle dans mon quartier. Une portion quatre fois trop grosse pour moi de nouilles sautées et un paquet trop gros de dumplings que je n'ai jamais goûtés encore. Je me suis dirigé avec ce repas vers un beau grand parc tout près, avec l'espoir d'y arriver à temps pour profiter des derniers rayons de soleil de la journée.

Mais je me fais accoster par une toute petite fille, six ou sept ans, le visage un peu barbouillé, qui pointe mon repas avec des yeux tout écarquillés. Elle était accompagnée de trois vieilles dames, dont une qui avait un petit gobelet pour mendier. La petite fille s'est précipitée pour l'ouvrir et le manger, en disant merci et en souriant. J'entendais presque son ventre grogner de faim. Et moi j'avais plus faim. Mais j'étais bien contente que les portions soient si grosses finalement.

Il n'y a à peu près pas de mendiants à Shanghai, pas du tout si on compare avec Montréal. Pourtant les gens sont plus pauvres, mais ils sont trop fiers pour le montrer. Ça n'est pas dans leur culture. Je crois que quand les gens mendient ici, c'est que c'est une question de survie. Les handicaps, le manque d'emploi, l'absence de sécurité sociale… Il y a des enfants qui meurent devant les hôpitaux dans les bras de leurs parents parce qu'ils n'ont pas l'argent qu'il faut pour les faire soigner.

C'était la minute triste.

Ce soir, blitz de ménage, car Ludger arrive demain! C'était pas très sale, mais je veux que ce soit top clean, c'est pas tous les jours que j'ai de la visite. Je lui ai même mis une nouvelle éponge pour la vaisselle. Oui, c'est lui qui va faire la vaisselle, ainsi que la bouffe. Il est supposé me faire des repas Hollandais. Et si c'est pas bon, je l'envoie à l'auberge de jeunesse. Quand même, il n'y a rien de gratuit dans la vie!

Je vais donc jouer à la guide touristique pour la prochaine semaine, lui faire découvrir mes coins préférés de Shanghai. Mais il est averti; je finis souvent tard de travailler, et je dois dessiner plusieurs heures le soir et la fin de semaine. Je vais lui organiser des sorties.

Et je n'ai plus d'Internet. Mon contrat était censé se terminer autour du 13, mais mon authentification est refusée. Je suis connectée sur le réseau sans-fil d'un voisin, mais si les messages sont moins fréquents dans les prochains, jours, c'en est la raison.

lundi, avril 02, 2007

Lundi le 2 avril

Journée grise et sale. L'air plein de poussière, ça pique les yeux et la gorge. Beurk. Oxygène souillé. Et il fait frisquet en plus. Mais on chante quand même.

Culinarités
Ma journée a commencée avec une gorgée de jus d'orange pas bon. Non, c'est pas bon du jus d'orange passé date, hein? Ça réveille. Puis, ce midi, on m'a servi le mauvais plat et c'était pas mangeable. Il y avait une épice forte pas bonne. Et comme j'étais pressée, j'ai rien pris d'autre. Je me suis dit «ça y'est, c'est une mauvaise journée alimentaire».

Faux; la journée n'était pas finie. Au milieu de l'après-midi, on vient me chercher dans le bureau; collation collective! Crème glacée pour tout le monde, et dumplings juste pour moi! Je ne pouvais pas aller dîner avec elles ce midi, donc elles m'ont ramené des dumplings parce qu'elles savent que je les adore. Wow. C'est pas fini. Vers sept heures, le mari de la patronniste arrive avec... une patate sucrée (bien chaude, très cuite, miam). Pour moi! Puis la maman de Zhang Da qui sort les biscuits et insiste pour que j'en reprenne deux fois. Je suis trop gâtée, elles me nourrissent. Y'avait comme une atmosphère de tempête de neige dans le studio. Peut-être parce que Zhang Da avait une chemise fleurie, ce qui était assez surprenant. Qui sait.

La régie chinoise du logement
Ce midi ce fût l'annonce de mon départ au proprio. Et la négociation du loyer du mois d'avril, puisque je quitte avant la moitié du mois. Après une heure à attendre ce proprio, merci Zhang Da, j'ai payé un demi mois (c'est un cher loyer que j'ai...). Je dois donc quitter d'ici le 15 avril, ce qui est parfait. Des démarches simples, oui merci.

Stage
Suite des projets de Gugu. Je crois que les imprimés sont terminés. L'aplat technique du pantalon aussi, le patron est en cours. Ça avance!

Soirée je-me-moi
Couture time. Quand c'est pour moi, je ne suis pas stressée; je ne suis pas une cliente exigeante (la seule par ailleurs). Tout va bien dans ce temps-là: pas d'aiguille qui casse, pas de canette qui se vide en pleine surpiqûre, rien qui tire... Je me suis fait un pantalon d'été et avec les retailles (pas de gaspillage!) un sac qui peut aussi devenir un foulard, si on est dans le désert par exemple. Bref un carré de tissu. Le tout est très chinois, du tissu (tissé et teint à l'ancienne- ne pas laver avec du blanc) à la coupe. Le patron du pantalon vient de la collection d'été qui a commencé à entrer en boutique la semaine passée. Mais ses matières sont plus chics, plus nobles; pas comme moi. Moi j'ai des ancêtres trappeurs. Vive les matières des paysans et des ouvriers.

Première photo, jai essayé de les montrer portés. On voit rien, je sais, mais je la montre quand même juste parce que j'ai renversée la table avec tout son -gros- contenu en débarquant. Je ne parle pas de moi quand je dis gros contenu.

Ils sont chous mes petits souliers chinois hein? Bon tout ça ensemble ça fait peut-être un peu *costume de la Chine*, mais séparé c'est chouette. Et qu'ils sont confos ces pantalons. Parfait pour les heures de train à venir.

dimanche, avril 01, 2007

Dimanche le premier avril


Bon poisson d'avril.
Journée sous la pluie; pas question que l'eau m'empêche d'aller où que ce soit, je ne suis pas faite en chocolat. (Ça n'est pas tout à fait vrai... je suis faite en partie de chocolat, mais bon.) Ballade dans la ville, pas pressée par le temps. Ça permet de prendre plus de photos, de voir plus de choses.


Première destination: le showroom de la designer He Yan est ouvert pour une journée au public. Elle n'avait pas prévu la pluie, une partie des vêtements étaient accrochés dehors, avec un toit improvisé... Il n'y avait à peu près que moi comme cliente (une fausse cliente, une observatrice plutôt) pendant qu'ils essayaient d'empêcher l'eau de s'infiltrer. Faut toujours se méfier de dame nature.

Des vêtements d'une belle qualité avec des détails de coupe et des matières intéressantes. Voici des photos de son livre promotionnel (on clique dessus pour voir plus grand):


Une petite pause pour un café latte, question de se réchauffer les orteils et le coeur. Je les apprécie mes cafés ici...

Une petite pause zen dans un parc. Ça sent bon les plantes mouillées.


Deuxième destination: le MOCA (musée d'art contemporain), pour une exposition interactive d'artistes de Chine et d'ailleurs appelée Remote Control.

Des trucs originaux, amusants, parfois intelligents, parfois faciles. J'ai bien aimé la machine de lavage de cerveau; c'est un manège (comme les soucoupes-volantes des foires), on s'attache sur le fauteuil, ça tourne en projetant des images de «conformisme social», en fait ça ressemble à ce que les gens qui écoutent la télévision voient. Des gens parfaits souriants de leurs dents blanches, des politiciens qui serrent des mains, des gens qui se marient... Et quand on commence à avoir mal au coeur (ça tourne autant que les vrais manèges!) on appuie sur un gros bouton rouge où est inscrit «I Agree». Le manège s'arrête, la porte s'ouvre, et on nous annonce qu'on est maintenant une meilleure personne. Ça m'a fait rire et j'aime les manèges. (Voir photo en haut à droite du montage). Sinon j'ai apprécié le vidéo des jeunes chinois qui jouent à un jeu de société (que je ne connais pas). La diversité de l'exposition m'a plue, mais parfois je cherchais *l'interactvité* qui était supposée être le lien entre toutes ces oeuvres. Elle n'était pas toujours au rendez-vous.

J'ai des plaintes qu'il n'y a pas assez de photos de moi sur le blogue. Voici Anne-Marie au musée:

J'ai finie la journée en beauté avec une bouffe cantonaise. Slurp.

On veut savoir ce que je planifie pour mes trente journées de libertée en terre chinoise. He bien, d'abord, il y a mon ami Ludger qui arrive à Shanghai cette semaine. Je vais partager avec lui toutes mes découvertes à Shanghai. Une guide privée quoi. Après mon stage, on va aller une nuit à Suzhou, puis on prend le train vers le nord. Pas d'itinéraire précis encore, sauf que moi j'ai une obsession: le désert. Lequel? Je ne sais pas encore, il faut lire sur le sujet. Mais on voudrait louer des chevaux et un guide, et partir une dizaine de jours. (Ce que je ne pourrais pas vraiment faire toute seule). Là où il y a des minorités. Ensuite, je ne sais pas si on va se séparer, moi je veux aller passer quelques jours à Pékin (au moins 4-5) avant de revenir à Shanghai. Ça laisse beaucoup de place à l'imprévu, le trajet va se construire tranquillement. Vous serez tenus au courant.

samedi, mars 31, 2007

Samedi le 31 mars


Chaud et humide. Humide et chaud.
Les vendeurs de fruits sont sortis dans la rue! Des ananas, du melon d'eau, des fraises, du cataloup... Ils te coupe un morceau et le pique sur un petit bâton, et voilà. Miam. C'est mieux pour la ligne que le chocolat.

Lever tôt (plus beaucoup de samedis à Shanghai... pas question de perdre du temps à dormir!). Direction marché de tissus; des achats pour moi et pour Zhang Da et Gugu. Pour moi parce que Zhang Da m'a permis d'utiliser ses patrons (il me l'a gentiement offert) et que j'ai réalisé que je n'ai aucun vêtement d'été pour voyager. Je vais donc me faire ce qu"il faut... Photos suivront.

J'ai cherché et cherché la boutique où je devais acheter du tissu pour Gugu. On y est allées une fois ensemble avant le festival du printemps, c'est une toute petite boutique dans la vieille ville. Et la vieille ville est un labyrinthe. J'ai dû faire 25 rues deux fois chacune. J'étais juste à la veille d'abandonner quand j'ai débouché sur ladite rue. Toute enthousiaste, je me dirige vers la boutique; elle est fermée. *soupir*

Voici le genre d'anachronismes que j'adore dans la vieille ville. Je suis désolée pour le flou, c'est le contenu qui compte et pas le contenant. Une «caisse», accompagnée à l'arrière d'une machine à néons-techno pour détecter les faux billets. (Il était fier que je lui demande une photo! Vraiment fier, avec démonstration et tout.)


Cette femme est toujours là, sur le troittoir, en train de démêler des balles de fil:


Ensuite je suis passée au studio déposer mes achats. Zhang Da m'a demandé de prendre certaines photos des sacs pour envoyer au magazine City Picturale qui veut faire un shooting des sacs!

Déjà presque quatre heures, j'avais rendez-vous vers troise heures avec Fiona (la fille du taxi et du karaoké de la fin de semaine passée). Je l'appelle, il n'est pas trop tard. Un vernissage dans une galerie qui appartient à son amie dans l'ex-concession française. Je pédale jusque-là. Ho, c'est chic. Musique classique live et gens bien habillés (moi j'ai une jupe en jeans, des collants à carreaux et mes converse - propres, bon timing). Un verre de vin, qui est d'ailleurs mon premier je crois depuis mon arrivée en Chine. Trois artistes qui exposent, rien d'intéressant à mon goût. Voici le moins pire (ou le mieux, si vous êtes positifs):


Ensuite Fiona m'invite à aller visiter sa cousine (en fait elle l'appelle sa soeur) qui travaille dans une boîte de pub très connue à Shanghai tout près de la galerie. Moi tout ce qui n'est pas touristique, je veux voir! Derrière les murs...

C'est un très bel endroit, plein de jardins à l'extérieur et très design à l'intérieur. C'est samedi et presque remplit. Ils travaillent un samedi sur deux mais font souvent (presque tous les soirs) du surtemps juqu'à 9-10 heures du soir.

Les voici:
Elles sont vraiment agréables; souriantes et chaleureuses, et elles rient beaucoup. Elles m'invitent à aller souper dans la famille de Yvonne (je vous ai déjà parlé ds noms anglais que les chinois urbains se donnent? Ça mérite un paragraphe, j'y reviendrai). Difficile de dire non!

C'est en banlieue, alors on prend un autobus vers le nord-ouest. On arrive dans une jolie ville, avec un grand parc. Ses parents me reçoivent très, très chaleureusement, sa mère est adorable. La bouffe est dé-li-ci-euse. Et la maman qui m'a dit au moins quatre fois pendant le repas «Mange plus» (en chinois). Et pourtant, c'est pas parce que je n'avais pas d'appétit! Des crevettes, de l'oie, un poisson, du foie de mouton, des dumplings cuits à la vapeur, du chou chinois, des jeunes bamboos, de la soupe au poisson... Un festin. C'était vraiment très agréable.

Ensuite Fiona veut me faire visiter sa maison qui n'et pas loin et son studio. Son mari vient nous chercher en voiture après le souper. Elle a 25 ans et est maquilleuse et photographe pour les revues, les défilés et la télévision. Lui a 32 ans et est peintre. Et je ne sais pas si c'est familial ou si les affaires vont vraiment bien, mais disons qu'ils sont plus que confortables. Une voiture neuve, un condo chic trop grand pour eux (trois pièces vides). Ils ont un bébé, qui n'habite pas avec eux (!) mais chez les parents du mari. Que je crois ont une nannie. Aucune chambre de bébé dans le condo, ce qui veut dire que le bébé n'est jamais là. Et elle aimerait en avoir un deuxième, ce qui implique de payer une grosse amende. Bien étrange mode de vie. Doncon a mangé des melons d'eau dans leur condo trop grand.

Ensuite on est allés voir leur studio, qui se trouve dans un art village, c'est-à-dire un entrepôt rempli de petits studios. Ce qu'il fait est très intéressant, mais je n'ai pas osé prendre de photos. J'ai dû voir une cinquantaine de ses toiles et il y avait vraiment de belles choses. Il est assez connu à Shanghai (il est dans certains livres sur l'art local), et ses toiles se vendent entre 3 000 et 10 000 RMB environ (500 à 1700 $ environ). Il reçoit aussi des élèves dans le studio, qui d'ailleurs est rempli d'antiquités. Il y a un coin photo pour Fiona et elle a tappissé un mur de photos d'elle accompagnée de vedettes chinoises qu'elle a maquillées.

Le statut social ici est très important. J'entends souvent des «il réussi bien, il vient de s'acheter une nouvelles voiture» ou «j'aurais aimé faire ce métier, mais ce n'est pas bien vu en Chine» ou «il a vraiment une position importante». Des «il fait ce qu'il aime vraiment», ça se semble pas être un argument. Les gens exposent donc leurs réussites et leur richesse avec fierté. Je ne suis pas trop à l'aise avec ça, et mes questions semblaient la surprendre. C'était une belle soirée de découvertes sur des gens qui ont un autre style de vie.

vendredi, mars 30, 2007

Vendredi le 30 mars

La saga bureaucratique chinoise, la conclusion

He oui, ça a marché. Et en seulement trois jours, plus vite que prévu. Je crois rêver. Je l'ai mon sticker. Il ne me reste qu'à changer la date de mon vol (ça c'est facile, c'est avec Air Canada, y'a pas de papier rose-bleu-jaune).
*Danse du bonheur*

Tout ça pour ça. Mais il y a quand même la grande muraille en arrière plan. Quand même.

Stage

Illustrator et patron, ça avance. «Tu es à l'heure» que m'a dit Gugu. (À l'heure de la Chine, c'est bon). Plus que trois journées avec elle pour finaliser les projets commencés. Le stage tire à sa fin, c'est un peu... énervant. Le seul signe visible de cette fin emminente, c'est que mon journal de bord ne ferme plus:


Et?
En ce vendrdi soir? Dodo, mon corps a besoin de sommeil. C'est la seule chose à quoi je pense ce soir.

jeudi, mars 29, 2007

Jeudi chaud


Hier c'était un avertissement. Aujourd'hui il est arrivé: l'été. Yahou. En ce moment il fait 24 et il est dix heures du soir. Alors au soleil ce midi en vélo, c'était chaud... Et il y a une petite brise humide, douce et chaude. J'ai ouvert toutes mes fenêtres (qui sont toutes sur le même mur, mais le couvrent presque entièrement). Je me suis demandé si c'était dangereux, parce qu'il n'y apas de barreaux, c'est comme si j'avais enlevé le mur. Mais je suis au sixième et spiderman n'est pas chinois.

L'été ça donne de l'énergie. En vélo, la musique plein les oreilles, je chantait à tue-tête. Bon j'exagère un peu; la musique plein l'oreille parce que j'ai un écouteur de brisé. Et à tue-tête... à haute voix disons. Chinese style; tout le monde chante ici, donc ça passait inaperçu. Malgré mes fausses notes. J'ai gâché du Malajube et du Gwenwed avec ma «douce voix».


Mes pieds

Ça faisait un mois que je me cherchais des beaux Converse. Ils sont pas mal moins chers ici et disons que j'en ai besoin. C'est peut-être pour ça que je n'ai pas beaucoup d'amis:


J'ai trouvé ce soir! C'est LE bleu chinois, il est partout ici, souvent accompagné de vert vif. Peut-être que des lacets verts vifs... Comme ça, je repenserais à la Chine en me voyant les pieds tous les jours à Montréal.

C'est plus propre hein. Et ça sent meilleur. Mais je ne me résigne pas à jeter mes bottines fleuries... De toute façon, elles son en train de tomber en morceaux, je vais attendre d'en perdre une partie.

La dépendance

Je regardais ma table de chevet et... ça va me coûter cher de poste je crois. Quand je disais que j'ai un problème de livres. Bon il y en a peut-être deux ou trois à Zhang Da...

Je devrais peut-être louer un container sur un bateau et importer les vêtements de Zhang Da en même temps, ça rentabiliserait ma dépendance littéraire. (En fait ici ce n'est pas très littéraire parce que je ne lis pas le chinois hein, c'est plutôt une dépendance aux images. Et au papier, et à son odeur. Mais tous les livres sur l'art sont traduits, même chose pour les revues d'art; le trois-quart des textes sont aussi en anglais.)

Stage

Journée Illustrator, aplat technique de pantalon et imprimés. Je me suis rendue compte que si j'ai mal à la tête c'est temps-ci, c'est parce que j'ai oublié que je suis supposée porter des lunettes pour voir de près. Petit détail! Je ne m'habituerai jamais.

mercredi, mars 28, 2007

Mercredi le 28 mars

Une journée d'été! T-shirt! Brise chaude! Bon soleil! Le bonheur.

Un autre festin ce midi avec mes collègues de travail:


Et des nouveaux desserts à essayer. Celui à gauche est aux ananas avec des boules de riz... vraiment bon. Celui à droite avait des boules blanches qui ressemblaient à des olives, mais sucrées. Très bon, mais j'ai un faible pour celui aux ananas. Oui je sais, la bouffe prend beaucoup de place dans ma vie (et dans mes vêtements), mais on est gourmand ou on ne l'est pas. Ying, c'est quoi les choses oranges qui flottent ? Non, ce ne sont pas des petits poissons.

C'est drôle parce qu'on est à peine capable de se parler, mais on a beaucoup de plaisir quand même. C'est l'intention qui compte.

Stage!

Après dîner j'ai présenté mes esquisses à Zhang Da. C'est stressant hein? J'avais le coeur qui battait fort. Sur la trentaine de modèles que j'avais sélectionnés et mis au «propre» pour lui montrer, il en a retenu... 4-5 (gulp). À développer. Il m'a ausi parlé de ses matières (que j'ignorais) et a précisé la direction qu'il veut que sa collection prenne. Puis il m'a donné des pistes de recherche. Je suis donc aller passer la soirée dans un café Internet faire cette dite recherche. (Moins de distractions que chez-moi... C'est drôle à dire parce que je suis toute seule chez-moi et et que c'est plate à mort et que je ne suis pas trop portée sur le ménage. Je ne vois pas trop quelles sont les distractions possibles à part dormir. Mais je me concentre mieux dans un café. Mystère de la vie.)

Wow!

Mais, en me rendant à ce café, où l'on mange de l'excellent gâteau au fromage soit dit-en passant, je suis passée devant la boutique Cha Gang (la marque du designer le plus intéressant à Shanghai - après Zhang Da bien sûr). J'y suis donc arrêtée, la collection d'été étant arrivée. J'ai été vraiment impressionnée par sa collection. C'est beau et intelligent... C'est une réflexion sur la culture chinoise (comme beaucoup de designers chinois, disons que le peuple semble être en quête d'identité... ça me rappelle un peuple à l'autre bout du monde), mais très contemporain, avec des matières et des détails... wow.

Ce sont des photos de la collection précédente, mais pour ceux que ça intéresse:
une entrevue et un shooting.

Et tiens une photo, pourquoi pas.


J'ai essayé une robe. Une robe pas chic et qui m'allait comme un gant. J'ai failli me prendre en photo dans la cabine d'essayage, mais ma caméra fait des bip-bip-buzzz-ting. J'imaginais la scène; «Zhang Da envoie sa stagière faire de l'espionnage chez Wang Yiyang». Leur amitié détruite. Je me suis retenue. J'ai demandé à la vendeuse combien de robes de ce modèle il a fait. Elle a regardé dans la base de données, pour me dire que... il n'en a fait qu'une. Aïe, en plus elle est unique. C'est étrange parce que c'était la plus belle pièce selon moi et c'était une des moins chères. Juste pour m'agaçer. J'ai sortie ma calculatrice, savoir combien de nuits à l'auberge de jeunesse ça valait. Puis je suis sortie aller manger un morceau de gâteau au fromage. Qui sait, peut-être me restera-t-il un peu de place sur ma carte de crédit avant de repartir à Montréal et que la robe m'attendra jusque-là. Et que nous aurons une longue vie heureuse.

Famille!

Et j'ai eu une merveilleuse nouvelle! Mon frère Mathieu va avoir un deuxième bébé! «Un bébé tout neuf» comme répète le petit Gabriel (Qui, en passant, est beau comme tout. Et si tu lui ajoutes des lulus, c'est moi à deux ans et demie -ouais j'étais belle comme tout). Félicitations à Mathieu et Mélanie, je suis émue! Je vais être triplement matante. Ça justifie mon côté kétaine. Et j'y crois au bébé-boum québécois... Tout le monde fait des bébés! C'est bon pour l'avenir de notre culture, continuez.

mardi, mars 27, 2007

Mardi le 27 mars

Bang. J'ai failli m'étouffer avec ma gorgée de Tsing Tao. Peuple québécois, tu me déçois.


Ouin. Je ne suis plus sûre que je vais revenir. Moi qui vante le Québec à tous ceux que je rencontre, nos valeurs, notre culture, notre langue, notre ouverture, notre liberté... Je pense que je vais manquer d'arguments pour quelques années. Disons quatre.

La saga bureaucratique chinoise, part VII.

Ça m'a pris une partie de l'avant-midi, mais je crois que ça y'est. Oui oui, je crois que ça y'est. Dans cinq jours je devrais reçevoir mon passeport au studio avec un nouveau collant dedans. Priez pour moi. Amen.

Stage

Des dessins! Pour Zhang Da surtout, mais aussi un autre aplat technique pour Gugu. Et la journée n'est pas finie. Des dessins des dessins des dessins.

lundi, mars 26, 2007

Québec incertain

N'oubliez pas d'aller voter.

J'ai essayé de m'inscrire au vote hors Québec, ils m'avaient envoyé un courriel de confirmation avec plus de détails sur mon adresse. Je leur ai répondu et je leur ai demandé de m'aviser s'il y avait quoi que ce soit. Je ne reçevais rien, je leur ai réécrit et ils m'ont dit: désolé Mme Durand-Laflamme, vous n'aviez pas signé votre formulaire et il est trop tard (c'était une demande par Internet). Je ne suis pas contente. Donc votez bien pour compenser.

J'ai suivie la campagne et... ouf... que de grands moments de politiques. La course aux séries est en effet plus intéressantes que la course à la gouvernance.

Lundi le 26 mars

Deux bonnes nouvelles aujourd'hui (une bonne nouvelle ne vient jamais seule).

La saga bureaucratique chinoise, part VI.

J'arrive à 13:30 bien précises (comme la policière aux multiples personnalités me l'avait demandé). Avec ma pile de documents photocopiés; tout y est. Elle me regarde avec son air de policière: «I need TWO copies of each. And we dont have the machine here.» Ça commence bien. Je m'en vais tout refaire photocopier. Elle me fait signer ici, là, là encore, un «I agree» par-ci, un par-là. Si elle était mal-intentionnée, elle m'a peut-être fait avouer tous les crimes non-résolus des deux derniers mois à Shanghai. Qui sait.

Donc elle m'a finalement donné un grand papier ainsi que les directions pour me rendre à la banque où j'allais pouvoir demander pardon à la Chine (moyennant 500 rmb). Une longue file d'attente. En fait ce n'était pas une file, c'était comme dans un théâtre, tous les sièges tournés vers les guichets. Et quand le premier arrivé passe au guichet, tout le monde se lève et se tasse d'un siège. Ça avait l'air d'un jeu, mais c'était pas si drôle finalement. Ma voisine a engagé la conversation, bien sympathique (à peu près tout le monde est sympathique à Shanghai). Une agente de voyage, on a échangé nos e-mails. Au moins une fois par semaine je me fais donner un numéro de cellulaire accompagné d'un «Si tu es mal prise, si tu as besoin de quelque chose, ne te gêne pas, voilà mon numéro». C'est gentil non? Et avant que je quitte la banque, elle m'a dit «Wow, I am really happy to have a foreigner friend». Hehe. Bon.

Je repars de la banque avec un nouveau papier, que je vais faire photocopier, puis je retourne au poste de police. Ma policière n'est plus là, ça complique les choses. On me fait signer, agréer, signer, dater... Puis on me donne un papier rose. J'attends la suite. On me dit: «That's it. You can go now». Quoi? C'est mon si attendu papier rose? Je l'ai. Mais ça n'est pas fini, ce n'était qu'un document pour ensuite pouvoir aller faire ma demande de Visa. Suite et fin (je me croise les doigts) demain.

Le petit point au centre là, c'est ma prolongation de Visa. Je vais y arriver.


Stage
J'avais une note sur ma table de travail ce matin; je commence à dessiner la collection d'été! (Oui je sais, il est tard pour dessiner la collection d'été, elle devrait déjà être en magasin, mais mieux vaut tard que jamais. Et il n'y a à peu près pas de délai de fabrication au studio; un modèle choisi peut être en boutique le lendemain, on est dans un micro-studio, avec des micro-volumes). Je suis vraiment contente de pouvoir participer à la collection. Les accessoires c'est bien, mais les vêtements, c'est mieux. Donc j'ai dessiné, faits des petits moulages (il y a une petite Georgette), dessiné.

Je me rends compte parfois à quel point j'aime ça travailler dans un atelier. J'aime l'odeur de la toile à moulage, surtout quand elle est chauffée par le fer, j'aime le bruit du ciseau qui coupe le tissu, l'odeur de la mine de crayon, du papier, de l'huile de machine à coudre... J'aime même avoir mal aux doigts parce que j'ai trop dessiné (c'est souvent accompagné de tension dans les mâchoires; c'est signe d'une grande concentration). Non maman, je ne regrette pas de ne pas être devenue médecin (je sais, je sais, tu approuves, c'est une farce, ne t'emporte pas).

Voici les deux inspirations de la journée:

Et voici Georgette, cette demie femme:


Et puis?
Je suis encore trempée, le vélo en coton ouaté sous les cordes de pluie, c'est pas l'idéal. Vivement une douche chaude (l'eau est plus chaude qu'au début on dirait, peut-être qu'ils ont rempli le réservoir de gaz... ou peut-être que je m'habitue.) Et puis soirée dessins, pour Zhang Da et aussi pour Bringue. C'est quoi ça Bringue? C'est à voir lors du Défilé Vert, en juin (ai-je besoin de préciser «à Montréal»?). Bien sûr je vais en reparler, en long et en large.

dimanche, mars 25, 2007

Thanks to you Ludger!


J'ai oublié de parler du courrier que j'ai reçu ce matin! Une carte postale et des petits cadeaux du Vietnam! Wow... Merci!

Dimanche le 25 mars

J'ai passé la journée dans un nuage. Et ce n'est pas une figure de style. Brumeux, mais brumeux... Et chaud. C'était moelleux, lent... Comme si la batterie de la gravité était un peu plus faible, tout restait en suspension... Même mon ipod jouait au ralenti. C'était très agréable. Le métro était silenceux, les gens parlaient bas, les cellulaires ne sonnaient pas. Même le centre-ville m'a plu.

Et les fleurs et le gazon avaient l'air d'apprécier toute cette humidité; tout était blanc-gris sauf eux, qui rayonnaient.

Après du ménage et lavage, je suis partie vers le nord de la ville au musée d'art *moderne* Duolunart (j'imagine que c'est une mauvaise traduction de contemporain). Voir cette expo:
Des objets avec un petit hublot, par lequel on voit une reproduction miniature et très réaliste d'une scène quelconque. Parfois banale, parfois inconfortable. Les scènes reproduites étaient très chinoises. J'ai apprécié. Il y avait aussi des projections et des bandes sonores pour certaines installations.

Ensuite j'ai fait des détours pour me promener dans les parcs avant de retourner prendre le métro. Et j'ai pris des photos de fleurs, oui oui. Je me sentais «j'aime la vie, j'aime les fleurs, je chantonne en marchant dans le parc, lalalère».
Je me suis dirigée vers le centre-ville, People's Square. Il y a une exposition extérieure au musée d'art contemporain dont on dit du bien. La journée est tellement calme que le centre-ville me tente. J'y arrive donc et je repasse devant le I-mART d'hier... Je repense au joli toutou fait avec un bas qui me trotte dans la tête. Je regrette un peu de ne pas l'avoir acheté, il était si mignon. J'y retourne en me disant que s'il est encore là, c'est un signe qu'il est pour moi. Ho yeah:
Je ne parlerai plus toute seule le soir, je vais lui parler. Je ne sais pas ce qui est le pire pour la santé mentale.

Ho làlà la brume:On n'y voit pas grand chose et tout a l'air flou; ce n'est pas ma caméra, c'est toute cette eau dans l'air.

Finalement j'ai tellement flâné dans le square qu'il était trop tard pour aller au musée. Je devais me rendre dans l'ouest pour 19:30: le défilé des finnissants de l'Université près de chez-moi, dont fait partie Win Le, l'assistante de Zhang Da.

C'était... des grosses robes. Des princesses médiévales, des déesses grecques, des clowns (perruques incluses), des extra-terrestres, de la broche en masse, du volume, de la couleur, des sculptures... Les finissants ne présentaient pas de collection à eux mais deux ensemble. On aurait dit qu'ils ont voulu mettre les détails d'une collection complète sur une robe. Et il y avait peut-être cinq pantalons sur les deux cents ensembles.

Voici les deux robes de Win Le, qui avait une inspiration vraiment intéressante, le patron est super:Et voici d'autres photos, j'ai pris ce qui est le plus intéressant et pas trop flou (je vous épargne les robes de princesses grecques):

samedi, mars 24, 2007

Samedi, ho oui!

Le moins que je puisse dire, c'est que ça a été une journée bien remplie et ô combien variée. Police-art-conférence-bouffe-épicée-punk-lost-in-translation.

D'abord, je suis allé au poste de police avec Zhang Da. Ô, Chine, que tu es incompréhensible. Ce que l'on ne m'avait pas dit lors de mes trois dernières visites au poste de police, c'est que j'ai une amende de 500 yuen. Oui, oui, je suis une délinquante et j'ai une contravention. Pourquoi? Parce que lors de mon arrivée en Chine, j'aurais dû aller annoncer mon arrivée dans un poste de police. Je n'avais jamais entendu parler de ça! Donc, si je paye l'amende (la *punition* qu'ils m'ont dit, ce sera peut-être accompagné d'un coup de règle), ça devrait marcher. Lundi ils vont me donner un tit papier, qui va me donner le droit d'aller payer mon amende à la Banque, qui elle va me donner un tit papier que je vais ramener au poste de police, et là ils vont me donner le tit papier rose, que je vais apporter au PSB avec mon tit papier blanc, puis eux vont me donner mon extension de visa.... *Reprends mon souffle*. C'est drôle, mais elle était très gentille aujourd'hui la policière, beaucoup moins agressive. Présence chinoise oblige peut-être...

Cet après-midi je suis allée au I-mART, un évènement organisé par la revue chinoise City Picturale. C'est en fait deux jours de marché offert gratuitement aux artisans locaux. Et il y a aussi des conférenciers; dont Zhang Da. Il y avait de jolies choses, ça allait des sérigraphies sur t-shirt aux poupées faites à partir de bas.
Moi je me suis fait un cadeau de trois macarons en tissu, et on m'a donn le petit en plastique à droite:Je *testais* aujourd'hui un des échantillons de sac que j'ai ,'ailleurs. Pour voir s'il est fonctionnel, quels sont ses défauts. Je l'aime beaucoup, je ne voudrai pas lui redonner l'échantillon! Si j'ai le droit de le porter, j'ai le droit de vous le montrer, mais juste l'extérieur; le plus intéressant est à l'intérieur...J'ai reoncontré sur place Zhang Da, Gugu et leur graphiste. On a assisté à la conférence de Zhang Da (en chinois... je vais lui demander de me faire un résumé cette semaine; Gugu m'a dit qu'il avait parlé de deux thèmes soit le temps et la quantité, et moi tout ce que j'ai compris c'est les mots «Martin Margiela» et «Muji»).
Et ensuite on est allés souper tous ensemble. Revenue chez-moi, je n'ai pas pû m'empêcher d'aller sur www.smartshanghai.com voir ce qui se passe en ville... Bon il y a un show de punk de Pékin, pas cher, pas tard, hier j'ai été sage... Curiosité anthropologique oblige (c'est une bonne excuse), je veux voir des chinois punks.

Je recopie donc l'adresse en chinois et prend un taxi, qui se dirige vers une autoroute au sud dont j'ignorais l'existence... Mais où-est-ce qu'il m'emmène? Je regarde à nouveau le nom du bar: Yu Yin Tang warehouse... On arrive finalement entre deux usines, et il me dit: c'est ici. Quoi c'est ici, où ça? Je lui demande d'avancer avec la voiture entre les usines (pas question de me retrouver seule entre deux usines dans le noir). On avance, on tourne, on s'enfonce... Et puis je vois des gens attroupés devant une porte. Fiou. J'arrive pour le concert principal, Joyside. Je pensais que c'était quatre filles; non. Ils se prennent pour des filles peut-être.


«Joyside describe themselves as the "bitches of rock'n'roll, addicted to Dead Boys, New York Dolls, Sex Pistols and the Stooges" - oh, and they are quite honest, admitting that they're only here "for your cash". Joyside hail from Beijing and are one of the most famous punk bands in China having released five albums. Their first China tour ("a rock'n'roll nightmare") was filmed by the American director Kevin Fritz, who was on the whole tour with the band and later made a wonderful documentary about Joyside - "Wasted Orient". Supported by 3 Shanghai bands, Banana Monkey, The Fuck'ndrolls and SK8bomb.»


Il fait chaud, ça pue, ça sue, ça trash... C'est punk. Mais court; à peine 40 minutes et c'est fini. Bon, je suis un peu déçue, à Shanghai ça finit tellement tard habituellement. Je me dirige vers la rue pour attraper un taxi; on est une quinzaine à vouloir un taxi. Il y en a un qui arrive pour moi (ordre d'arrivée, c'est mon tour), alors je dis l'intersection où je vais aux gens autour et leur offre d'embarquer si c'est près de leur destination. Une chinoise enbarque, toute contente. On jase dans le taxi; elle est photographe de mode, surtout pour les revues, a son propre studio, me donne sa carte d'affaire; elle me fera visiter. Elle me montre des photos de sa petite fille, jase jase jase, bien sympathique. Puis finalement elle m'invite à finir la soirée avec elle; elle s'en va rejoindre des amis pour la fête de l'une. Bon, un party chez quelqu'un ça ne me dit pas... Je lui demande: c'est chez une de tes amies? Elle dit: non dans un karaoké. Un KA-RA-O-KÉ? Un karaoké chinois... Wow je veux voir ça!

Ça n'est pas un bar de karaoké, mais une pièce de karaoké louée, ho oui, comme dans le film... Lost in Translation. Une table au milieu; remplie de bouffe, d'alcool et de dés. Un chinois qui chante de tout son coeur des succès pop chinois. Une chinoise trop saoule qui dort. Une télécommande pour appeler le serveur qui arrive vite comme l'éclair avec son noeud papillon vert. Des photos.
On mange du gâteau avec nos doigts. Et on essaie de me faire manger des oreilles de porc et des pattes de poulet. Puis on me sert un drink au rhum. (Notez que je repecte l'ordre chronologique).

C'est elle la gentilles fille du taxi:

J'ai chanté (oui oui, c'est vrai... enfin j'ai essayé) And I Love Her des Beatles et une vieille chanson de Cindy Lauper (ils pensaient que c'était une chanson récente...). Puis ils m'ont appris à jouer aux dés à la chinoise (le jeu s'appelle Menteur). On a bien ri. Plus kétaine que ça tu meurs. Et le plus drôle c'est que moi je n'étais pas habillée tout joliement comme eux; j'avais des leggings à têtes de mort et une camisole assez... déconstruite. J'avais l'air de quelqu'un qui s'était trompé d'immeuble. Des heures de plaisirs et de découvertes, qui aurait cru que je me retrouverais là hein? Que d'aventures.

vendredi, mars 23, 2007

Vendredi de toutes les couleurs

Journée pénible et agréable à la fois.

Le pénible d'abord. J'ai fait moi-même l'échantillon du plus complexe des sacs de la ligne. Avec le vrai tissu, soit du nylon genre parachute et du filet, communément appelé mesh. En partant, c'est des matières dures à coudre. En plus les finitions sont compliquées (des biais en masse, en dedans, en dehors, tout doit arriver au milimètre près, ça tire, ça plisse...) Mais c'est qui qui a fait ce *@?&$ de design là? Ça m'a pris toute la journée... J'ai fait plein d'erreurs, j'ai décousu, retaillé. Une aiguille dans du nylon = trou. Soupir. La couturière m'a même demandé combien de sacs j'avais fait depuis le matin. Désespoir. Et le résultat final? Moche. Je ne suis pas une couturière moi, bon. J'ai même dû aller me calmer dans la salle de bain à plusieurs reprises, calmer mon impatience ainsi que mes nerfs qui semblaient vouloir prendre en feu. Mais l'objectif de cet échantillon n'était pas tant son apparence que la détermination des finitions et des étapes de confection. (Je dis ça pour me convaincre). Au moins le tissu est d'un beau rose-corail-délavé, on dirait le rose des *ballounes* à gonfler de fête, même la texture est similaire. Ça m'a aidé.

Bon, l'agréable maintenant. La patronniste, qui balbutie un peu d'anglais, est venue me demander si je voulais aller dîner avec elle et la couturière ce midi. Bon, ça fait deux mois que je dîne toute seule. J'ai même montré trop d'enthousiasme je crois. Elles m'ont invité à dîner (oui, oui, invitée), et ça m'a fait beaucoup de bien de rire avec elles. Elles rient tout le temps, elles ont l'air de deux coquines. Je leut ai dit que j'aimais ça quand elles riaient. Elles ont ri de plus belle (probablement qu'une fois sur deux elles rient de moi, j'ai pas de problème avec ça. Par exemple quand je dis «Wo ting bu dong» - je ne comprends pas ce que vous dites- elles rient, elles rient...) J'ai appris qu'elles sont chacun un enfant, de cinq et six ans. Ici tu ne demande pas «As-tu des enfants? Combien?» mais juste «As-tu un enfant?». Elles ont commandé dix plats (oui je les ai comptés), plus nos plats de riz, plus les desserts. C'était bon. Le dessert c'était une genre de compote chaude de riz noir avec des fèves rouges dedans. Ça a l'air étrange pour nous, gens de l'ouest, mais c'était très bon. Ça ressemblait à ça, mais avec moins de fèves et plus de riz:La nourriture, ça crée des liens, ça c'est universel. Elles m'ont après que j'étais leur amie.

J'ai fait un arrêt au poste de Police ensuite, je croyais avoir enfin les documents requis pour avoir le document rose qui me donnera droit, s'il est accompagné du document blanc dûment rempli, à une prolongation de mon visa. Mais non, toujours pas correct. Je commence à stresser. Zhang Da viendra avec moi demain après-midi parce que j'ai un peu de difficuté à communiquer avec la policière. Elle est assez agressive, elle me fait peur. Elle veut que je retourne chez-moi on dirait. C'est pas agréable, et moi je veux le papier rose... Une autre chose à suivre.

jeudi, mars 22, 2007

Des petites fourmis


Quelle journée.

Achats au marché des garnitures ainsi que celui des tissus pour les sacs, toujours ces chers sacs. Ça a été long, je ne trouvais pas ce que je cherchais, je ne me décidais pas au niveau des couleurs, de l'épaisseur, du fini... Je mesurais, je tâtais, je tournais en rond. -Je me sentais comme Pascale qui fait son épicerie.- Finalement, le résultat est bien. Mais ça m'a pris tellement de temps que je n'ai pas osé prendre le temps de dîner, j'ai bu un yogourt dans l'autobus (non, ici les yogourts ne se mangent pas mais se boivent). Elle est longue la route entre les marchés et le studio, de l'extrémité est de Shanghai jusqu'à l'ouest.

Donc arrivée au studio (vers 14 heures), j'ai fait l'échantillon du dernier modèle de sac. Malgré les regards en coin des couturières qui semblent me trouver lente et pas très pro, le résultat est très bien, ok? Il ne reste qu'à faire poser des oeillets. Puis comme il n'était qu'un peu passé six heures (tousse tousse), j'ai décidé de tailler les pièces de l'échantillon que je ferai demain, question de prendre de l'avance.

Et puis vers 7:30, j'ai pris mon vélo et je suis allée dans une boutique où Gugu voulait que j'observe certains modèles de pantalons (de Comme des Garçons, rien de moins). Mais c'était tellement loin... Ça m'a pris près d'une heure me rendre. J'ai pensé plusieurs fois avois passé tout droit (je ne m'attendais pas du tout à ce que ce soit si loin), alors, je retournais vérifier le nom des rues, pour être certaine. Et je me suis rappelée que je n'avais pas dîné, donc je suis allée manger une bouchée avant d'engloutir mon estomac. Je suis donc arrivée dans le dit magasin à neuf heures. Pas de panique, ça ferme tard à Shanghai.

Ensuite on reprend le vélo, direction chez Gugu. (On? Je parle au «on»... il y a plusieurs explications possibles). Elle m'a fourni en tissu pour le prochain échantillon de t-shirt et m'a aussi prêté deux pantalons pour commencer un patron de ... pantalon.

Parlant de pantalon, j'ai un beau trou dans mes jeans préférés. (Je n'en ai que deux paires ici). Trop de vélo je crois... Vivement le printemps pour sortir les jupes et les leggings. Il faisait une vingtaine de degrés aujourd'hui au soleil.

Donc, heure de l'arrivée dans mon acceuillant appartement; 10:15 h. Bonne nuit. Ou bonne journée, c'est selon. Le rythme chinois, ça fatigue.

mercredi, mars 21, 2007

Mercredi le 21 mars


Bon... Déjà que je trouvais que beaucoup de sites étaient bloqués par les serveurs en Chine (comme Wikipédia par exemple, bien des images, et tous les sites anti-Mao), voilà que depuis hier, je ne peux plus aller sur les blogues. Ni le mien, ni ceux des autres. Peu importe lesquels, si ce n'est pas sur une adresse indépendante, c'est bloqué. Mais pourquoi? Et il semble que c'est juste pour moi (traitement de faveur) parce que je semble avoir des lecteurs de la Chine (je le vois sur google analytics). Mais pourquoi, pourquoi? J'ai même pas rien dit de pas fin. À part peut-être que j'aime pas manger des têtes de canards?

Donc pour l'instant, non seulement je ne peux pas répondre à vos commentaires, mais de plus je ne peux plus lire mes nouvelles quotidiennes conçernant la scène locale, l'art, et bien d'autres choses -assez inoffensives. Mais je suis en train de régler le problème (la police chinoise de l'Internet va-t-elle débarquer chez-moi pour voir comment je vais régler le problème? Catherine, tu sais où sont mes documents importants si j'ai un problème légal. Maman, c'est une farce). À suivre.

Stage. Ce matin j'ai fait l'échantillon du chandail (celui dont j'ai fait le patron lundi et l'aplat technique la semaine passée. Suite logique.) Puis j'ai travaillé sur les imprimés. Gugu est venue me rencontrer en fin de journée pour voir le tout. Puis j'ai apporté les modifications au patron. Et ce sera une soirée dessin. Une courte soirée compte tenu du fait qu'à l'heure où je finis, et le temps que j'arrête manger ma délicieuse soupe wonton, j'arrive chez moi passé huit heures. Donc pas de film ce soir, même si c'est ma soirée au Petit; au boulot plutôt.

mardi, mars 20, 2007

Mardi le 20 mars

Parce qu'il ne peut pas y avoir seulement des bonnes journées hein? Une mauvaise en deux mois c'est pas trop pire. No more words for today.

lundi, mars 19, 2007

Gris gris


Il pleut, il pleut, bergère.
Je m'ennuie de mes bottes de pluie fleuries qui m'attendent patiemment à Verdun. Et elles doivent s'ennuyer de l'eau. Catherine, amène-les dont jouer dans une flaque... Au moins j'ai eu la présence d'esprit de mettre dans ma valise mon parapluie à pois; ça égaye ton matin, ho oui. Mais les bottes de pluie dans une valise... non.

Stage! J'ai fait ce matin un patron de chandail; celui dont j'ai fait l'aplat technique la semaine passée. L'échantillon suivra mercredi (j'attends le tissu). Et cet aprem j'ai avancé les imprimés; presque finies les premières versions! C'est certain qu'il va y avoir beaucoup d'améliorations à faire... Une étape à la fois. La journée a passée vite, la bonne musique aidant. Que de la musique de chez nous, ho oui. Watson, Bidet, Final Fantasy, Arcade, Bell Orchestre, j'en passe. Merci Montréal.

Bon, on peut pas juste avoir du fun, même à Shanghai. Du ménage avant de mourir étouffée avec un moumou de poussière chinoise pendant mon sommeil.

dimanche, mars 18, 2007

Bienvenue Alexis!

Un message pour souligner l'arrivée de bébé Alexis, né vendredi à 17:34 bien précisément! Félicitations aux parents, Anne qui a mis tant d'efforts (une douzaine d'heures de *ayoye-souffle-souffle-pousse-respire-ayoye-j'en-peux-pu-y-va-tu-sortir*) et à Ian, qui a assisté tout ça avec émotions et sang-froid. Bravo! J'attends les photos de la petite face rose et fripée!

Samedi le 17 mars

Journée de plaisirs. D'abord se lever tard, paresser dans le lit avec le laptop, c'est toujours agréable. Visite à ma boîte postale; une carte postale de Paris! Merci Carolina, ça fait plaisir!

Ensuite, direction centre-ville. Visite chez Muji (la collection d'été est arrivée). J'ai trouvé quelque chose pour Catherine, en coton si doux (c'est plaisant de dépenser l'argent des autres):


Ensuite, on m'avait parlé du grand magasin I.T., qui est un incontournable et pas très loin. Je me rends donc à la Plaza 66 qui l'habrite. Ho là là. Des boutiques de toutes les grandes marques de prêt-à-porter, mais toutes. Toutes celles que l'on voit en publicité dans les revues, sans exception, de Louis Vuitton à Fendi en passant par Versace, nommez-les. Ça puait le luxe. Je me sentais drôle avec mes converse usés à la planche et mon coton ouaté entourée de toutes ces chinoises riches et parfumées. Je me rends directement et avec hâte au troisième étage et trouve le fameux I.T.

Des marques de streetwear, mais surtout Junya Watanabe pour Comme des Garçons et Martin Margiela. J'ai dû passer une heure à analyser chaque pièce de vêtement, sans même me faire suivre par une vendeuse, qui doivent être habituées au phénomène. Et c'était les soldes de fin de saison, la plupart des collections d'hiver étaient à 50%. Est-ce que j'ai réussi à ne rien acheter? Suspense... Bien sûr que non. Cette petite veste trop coquette (et abordable, contrairement aux lignes mentionnées ci-dessus) m'a fait de l'oeil, et je me suis laissé séduire:

J'ai trouvé un truc pour calmer mes ardeurs dépensières. Je convertis le montant de l'objet non pas en dollars canadiens (c'est la pire chose à faire!) mais en nuits d'auberge de jeunesse en Chine, qui ne coûtent rien. Deux mois de nuitées pour une jupe? Pfff! Bien trop cher, non mais à quoi vous pensez?

Direction les galeries d'art. Je me suis perdue; j'ai débarqué au métro Hanzhong Lu au lieu de Zhongtan Lu. Le paysage était étrangement ressemblant, je ne comprenais pas pourquoi la rue n'avait pas le même nom que la dernière fois... J'ai pris un taxi, perplexe, et je n'ai compris mon erreur qu'au retour.

Depuis la première fois que j'y suis allée, trois nouvelles galeries d'ouvertes. Quand on dit que ça change vite Shanghai...

Pas grand chose d'intéressant dans les galeries, mais juste de flâner dans les studios, voir les gens peindre, les odeurs et les ambiances, ça me plaît. Il y a plusieurs artistes qui font des choses très similaires. Par exemple, il y a une mode qui consiste à faire des visages chinois aux expressions étranges à répétition sur des immenses toiles. Apparemment que c'est le style d'un peintre chinois devenu célèbre, et depuis le style est copié à outrance... Il y a aussi des artistes qui font vingt fois le même tableau mais en changeant les couleurs ou un détail. Production de masse pour touristes? Pas très intéressant en tout cas.

J'ai eu un coup de coeur pour l'exposition du travail d'un artiste qui vit à Pékin. Pas de Photoshop, pas de montage. De vraies photos, sans retouche, très impressionnant. J'aime beaucoup le texte d'accompagnement, qui ajoute à la beauté des oeuvres. Mes photos ne rendent pas du tout hommage à son travail, d'abord ce sont des photos de cartes postales, puis avec le reflet de la lumière de la caméra... par dessus le reflet dans ses photos...


Le graffiti du jour:

La journée n'est pas finie; rien ne ferme avant 9-10 heures à Shanghai. Direction Changle Lu, allons voir les nouvelles collections de Even Penniless et de One by one. Rien qui coupe le souffle, mais intéressant. J'ai continué ma promenade sur Huaihuai Lu, l'artère du gros shopping. Je pourrais comparer Changle Lu à St-Denis et HuaiHuai à Sainte-Catherine. Et j'ai une confession à faire. J'ai craqué, j'ai mangé un MacPoulet.

J'ai fait tout Huaihuai à pied, jusqu'au quartier de l'ex-concession française, ce que je ne croyais pas possible. J'ai traversé la moitié de la ville à pied! Je suis arrivée chez moi à 9:30, les jambes mortes. Ce qui ne m'a pas empêché de sortir, et pas seule cette fois. Je me suis enfin résignée à appeler des gens. On me donne souvent des numéros de téléphone dans les soirées, mais je n'osais jamais les utiliser, par peur de déranger sûrement. Aller voir un spectacle ou un DJ seule ça va, mais tout simplement sortir, c'est plutôt moyen. Vivement la compagnie. Je m'en vais faire une sieste. Je l'ai vu mon lever de soleil shanghaien cette nuit.

vendredi, mars 16, 2007

Vendredi le 16 mars

Journée bof; l'estomac en révolte contre la Chine. Rébellion de salle de bain.

Donc pas très productive. J'ai quitté plus tôt le studio pour aller m'étendre un peu, ce qui a grandement calmé les révolutionnaires.

Quand je travaille, de ma table, je me sens observée par une armée de jouets. Ça stimule.
Go
Comme je trouvais ça un peu triste de rester toute seule chez moi un vendredi soir, je me suis souvenue qu'on m'avait invitée à aller jouer au Go, un jeu chinois qui ressemble aux dames. J'y suis donc allé faire un tour (c'est au Petit). Six japonais y étaient déjà, don un professeur de ce jeu chinois. On m'a donc montré la base du jeu (il n'y a pas beaucoup de règles, mais tout est dans la tactique). Je me suis faite battre à plate couture par Nohiko, la proprio du Petit. Mon cerveau avait de la misère à adopter la vision chinoise du jeu; ce sont les intersections et non les carrés qui reçoivent les pions. Et on ajoute un pion chaque tour, ils ne sont pas sur la planche au départ. L'apparence du jeu est vraiment bien; ce ne sont que des roches que l'on dpose sur un jeu fait à la main. Tout simple et si joli. Une photo prise dans l'ambiance tamisée; on sent la concentration.

jeudi, mars 15, 2007

Jeudi le 15 mars (et non pas février)

Mei you dian. Pas d'électricité, encore. Troisième fois! À chaque fois que je réussis à me faire comprendre, je suis fière. Mei you dian! L'immeuble a été fini de construire en 2000; c'est sensêtre en bon état! Non, c'est tellement mal entretenu que la «salle des machines» où se trouvent les fusibles semblent être à l'agonie. J'ai manqué une partie de l'avant-midi au travail à cause de ça...

Stage. J'ai fait (entre autre) un échantillon du sac que j'avais proposé à Zhang Da, puis je lui ai montré en fin d'après-midi. Il a dit à plusieurs reprises qu'il aimait, il était content, j'étais contente, y'a de la joie. Il ne parle pas pour rien Zhang Da, alors quand il fait un compliment, il n'est pas gratuit.

Le sac est inspiré de ceci:
J'ai encore réussi à voler une heure du précieux temps de Zhang Da pour parler avec lui. Oui, parler. Ça fait partie des moments que je préfère quand je travaille au studio; je lui pose des questions sur plein de sujets, on étale nos points de vue... Très intéressant. J'apprends plein de choses.

C'est tout, rien de plus intéressant aujourd'hui.

mercredi, mars 14, 2007

Mercredi le 14 février

J'ai quelques livres en trop. Bon je suis encore reconnaissable, mais je sens mes jeans un peu trop. Il y a deux bonnes raisons à ce changement corporel. La première, ce sont les dumplings, les nouilles, le riz, les rouleaux... Toutes ces bonnes choses composées de glucides qui se dirigent droit vers mon bedon. La deuxième et tout aussi bonne raison, c'est que je tente de combler ma carence en rapports humains et affectifs par du chocolat. Oui, j'essaie de vous remplacer avec des ferrero rochers et autres substances en forte teneur en cacao. Ça marche un peu. Mais je vais remédier à cette situation quand j'irai dans le désert. Je compte faire un jeûne accompagné de méditation. Qui sait, je reçevrai peut-être l'illumination. C'est un bon plan non, revenir illuminée et amincie.

Stage. Travaillé sur les sacs, dessins et échantillons. La journée a passée vite, j'ai pas eu le temps de tout faire ce que j'avais prévu. Faut dire que j'ai essayé de faire un échantillon aussi beau que ceux de la couturière, et ça, pour moi c'est long. J'ai eu l'impression de passer l'après-midi au fer à repasser à essayer de poser les biais parfaits... Et à me demander si Catherine trouverait ça bien fait (c'est la perfectionniste par excellence, elle est ma mesure...). Parce que moi en général j'ai trop hâte de voir le résultat final, alors parfois je tourne les coins ronds. La suite demain.

J'ai essayé un nouveau resto ce midi; menu en caractères chinois seulement. Je suis tombée sur quelque chose de délicieux par hasard. Mais le clou du dîner, c'est ça et ça ne m'a pas coupé l'appétit: (je la met petite parce que...)

On est mercredi, qu'est-ce que ça veut dire? Soirée au petit Petit, mon oasis de calme qui n'est pas un mirage; mercredi après mercredi, Nohiko et son acolyte sont là, les fraises et les pains tout justes sortis du four aussi. Et l'ambiance calme et harmonieuse, chaleureuse.


Ce soir, au menu, Conte de printemps de Éric Rohmer. Film français datant de 1990, une histoire toute simple où on entre dans la tête et les émotions des personnages.

mardi, mars 13, 2007

Mardi le 13 mars

93 % d'humidité. Ça se peut ça? C'est ce que météomédia disait ce matin en tout cas.
J'ai eu l'impression que l'air me collait à la peau toute la journée, l'air est moitte. J'ai la crinière gonflée. Mais il ne faisait pas chaud et il y au moins un avantage à ça; quand c'est chaud et humide, ça pue ici.

J'ai travaillé au studio toute la journée sur les projet de Gugu. J'ai trois imprimés à créer et ça avance très bien. En fait je suis étonnée par la vitesse à laquelle ça a été aujourd'hui. C'est très agréable. Malheureusement je peux pas rien montrer, ça me torture un peu... Ok, un zoom. Gugu, si tu n'es pas d'accord, manifeste-toi (elle va sur mon blog parfois).

En fin d'après-midi j'ai rencontré Zhang Da pour lui montrer les tissus que j'avais acheté la semaine passée (on n'avait pas eu le temps encore). Ça avait été tellement dur de trouver ce dont on avait besoin, j'était un peu anxieuse de lui montrer et que ça ne lui plaise pas. Mais il a aimé et était content. Je lui ai aussi proposé une autre idée de sac qu'il a aussi aimé. C'est motivant, ça fait du bien (je commençais à tourner en rond avec les sacs, il y a des périodes où les idées ne coulent pas à flots... le syndrome de la page blanche?). Bref, une bonne journée.

Ha oui. J'ai échappé la télécommande de la chaufferette; plus moyen d'avoir de l'air chaud, elle s'est mise à la climatisation... J'ai passé presque une heure à essayer des combinaisons pour trouver le chaud. Il y a neuf boutons qui semblent être tous des options; que du chinois. Chaque bouton a en moyenne cinq sous-options, qui se combinent différemment selon les options des autres boutons (je me demande bien ce qu'elle peut faire à part chaud/froid/fort/pas fort...) Pour que l'air devienne chaud ça prend normalement deux à trois minutes... Je ne pouvais pas attendre trois minutes à chacune de ces quatre-vingt-dix options. Bref, j'ai cherché dans mon dictionnaire les symboles pour chaud (LES symboles, oui; 2-3 symboles pour chaud, 2-3 autres pour chaleur, 2-3 autres pour chauffer, 2-3 autres pour chauffage..) Je ne pensais pas y arriver. J'y suis arrivée. Je suis au chaud.

lundi, mars 12, 2007

Lundi le 12 mars

Je pense que mon insomnie avait pris le bateau du port de Montréal le 13 janvier. Elle est débarquée hier à Shanghai (c'était trop beau pour être vrai).

Journée passée à faire un aplat technique sur Illustrator. J'ai découvert une nouvelle formule: insomnie + Illustrator toute la journée = mal de tête. Ça faisait au moins deux ans que je n'avais pas fait d'aplat technique, mais c'est comme le vélo on dirait. Et c'était pas un manteau de ski non plus... Je viens de le terminer, c'est satisfaisant (bon, côté vitesse, peut-être que mon deux ans d'inactivité s'est fait ressentir).

Le gentil proprio est venu réparer ma douche ce midi -joie. C'est drôle la communication (ou la tentative de) par les signes; ça ferait un drôle de vidéo. Imaginez: «Je m'en vais chercher d'autres outils, celui là est trop petit. Je reviens, attends-moi.», «Fais attention, ton miroir a l'air dangereux, tu pourrais te blesser.», «N'oublie pas de barrer tes portes, quelqu'un pourrait entrer chez toi.»... Sans aucun mot. Mon coup de coeur au mime du proprio pour «te blesser»; c'était à pouffer.

La photo du jour. Non, ça n'est pas ma famille de coquerelles, regarde de plus près. Ça séchait sur le balcon chez Zhang Da, étalé sur un grand papier blanc, des dattes je crois. Miam, miam, juste pour toi maman! J'aime les couleurs.

dimanche, mars 11, 2007

En Chine


J'aime
  • La bouffe chinoise -quand elle se mastique
  • Le bouillonnement artistique -c'est comme si tout est à faire
  • Le night life de Shanghai
  • Les vêtements des personnes âgées
  • La générosité et l'honnêteté
  • Les gens qui chantent en marchant -il y en a plein, j'adore
  • Le coût de la vie
  • Le son du mandarin
  • Le thé -surtout celui qui cache une jolie fleur et celui en gélatine aux agrumes
  • Les gens qui jouent à des jeux de société sur la rue -cartes, échecs chinois...
  • Les vendeurs de brochettes de mouton sur la rue, surtout la nuit -c'est l'équivalent de nos poutines
  • Les feux d'artifices
  • Les tissus de coton traditionnels -il faut que j'arrête d'en acheter...
  • La papeterie en carton naturel -il faut que j'arrête d'en acheter...
  • La Tsing Tao
  • La désorganisation -il n'y a pas grand chose de structuré, c'est souvent le chaos, je trouve ça poétique et rebelle
  • La façon dont les gens mangent -plusieurs gros plats au centre de la table qui sont partagés
  • Le choix

Je n'aime pas
  • La bouffe chinoise qui ne se mastique pas -comme les pieds de cochons, les pattes d'oiseaux, les becs de canards, les têtes -peu importe de quoi, les tendons et autres organes visqueux...
  • Marcher dans un crachat -tu le sais sans regarder juste à la texture
  • La sonnerie des téléphones -ils ont tous la même et elle est insupportable
  • La censure et la surveillance
  • Ne pas parler le chinois
  • Les télévisions -il y en a partout
  • Les toilettes publiques
  • La prostitution -je ne sais pas s'il y en a plus, mais elle est plus visible
  • Les pétards
  • Les agents de sécurité qui sont parfois armés -ils se prennent pour des militaires, ça me rend inconfortable
  • L'inégalité entre les hommes et les femmes -surtout en région
  • Me faire prendre pour un porte-monnaie avec des jambes
  • La désorganisation quand je suis pressée -par exemple, les adresses ne sont souvent pas en ordre...
  • Le bruit et l'immensité
  • L'absence des politiques gouvernementales face à la pauvreté
  • L'odeur de l'eau courante -et je me lave avec

samedi, mars 10, 2007

Samedi le 10 mars

Une journée calme, à travailler un peu sur les différents projets. J'ai pris une grande marche dans mon quartier, il faisait doux, 14 degrés et pas d'humidité. Je crois que je ne peux plus me perdre. J'ai découvert un petit lounge très sympathique tout près de chez moi (tant de rues à explorer), le Sofa Bar, qui est aussi un café déjeuner. Très calme et confortable. Idéal pour lire (ou écrire, ou dessiner, ou être dans la lune...).

Une soirée moins calme. Dj Science et Big Red de Raggasonic, tous deux de France, de passage à Shanghai (et non pas à Montréal).

«Good "stuff" directly from France: Drum'n'bass, hiphop, tripop, ragga and Electro with special guest Big Red - from Raggasonic, "one of the most famous french ragga bands" - and Dj Science on an exclusive one night only party at the new Pirates Bar (former Shuffle Bar) close to LOgO. Support by dj Deville and Mc Didje (Uprooted Sunshine) and dj Siesta (Phreaktion). After party at LOgO Bar.»

Ça dégourdit les jambes. J'ai failli voir le soleil se lever. Soirée hyper réussie. J'ai pas pris de photo cette fois, j'étais trop occupée à danser.

Bémol de la soirée de vendredi; la suite
Qui-c'est-qui-vient-tu-pas s'installer à côté de moi une vingtaine de minutes après mon arrivée? Il y a treize millions d'habitants à Shanghai. Je passe d'une soirée rock indie à une soirée drum & bass; deux univers différents, avec deux publics différents. Mais celui que j'engueule la veille se retrouve à côté de moi! Loi de Murphy? Bon. Je décide de l'aborder avant qu'il me reconnaîsse lui-même (en français; je me suis forcé pour rien à trouver comment l'engueler en anglais, il vient de France). D'abord, j'apprends que «coup de pied» est une expression québécoise. Puis finalement, il se souvenait de l'événement, s'est excusé, on en a rit. Il m'a présenté à sa copine et ses amis, et m'ont laissé leurs numéros de téléphone à la fin de la soirée au cas où j'ai pas envie de sortir toute seule à chaque fois.

Morale de l'histoire; y'a pas de mal à remettre quelqu'un à sa place.

vendredi, mars 09, 2007

Vendredi le 9 mars

Travaillé de chez moi aujourd'hui, Zhang Da étant retenu à Hangzhou. Journée pas très productive; je combats une petite grippe depuis hier et j'ai toujours envie de dormir. La sieste d'après-midi a été trop longue... Je reprendrai mes heures en fin de semaine.

Par contre, le soir venu, je me sentais en pleine forme... Sound Fragment, un groupe rock indie de Pékin était de passage à Montréal (le cerveau c'est fort).

«Beijing indie rock band "Sound Fragment" plays at 4 Live to promote their 3rd album. The band was formed in 2001 in Beijing, "comprising of a sorehead poet, a third-rate doctor and a couple of fine arts teachers". The influence of British bands like Radiohead, The Verve and The Cure are easy to spot, and frequently repeated accolades such as "China's Radiohead" are not without foundation, but as says in a press release for the new album, "Every band we love could be called an influence, but ultimately, we hope to create something new."»

Je ne parlerai pas de la première partie; ça été un 45 minutes ennuyant; le chanteur avait l'air d'un directeur d'école primaire dans un party de fin d'année scolaire et les pièces étaient plus que banales.

Mais quelle belle découverte que Sound Fragment. Ils ont mis le feu dans la salle, ça c'est certain. Une présence sur scène à revendre, des vraies rockstars, et des pièces très accrocheuses. Je ne sais pas si leurs cds sont aussi bons que leurs spectacles (leur attitude y était pour beaucoup), je vais aller acheter leur dernier, on va voir ça. Et j'ai reconnu l'influence d'un certain Cuijian, au niveau des rythmes...


Leur premier cd:


Leur deuxième cd:


(et le cover du troisième n'est pas encore sur les sites en anglais..)

Seul petit bémol de la soirée; pendant l'avant-dernière pièce, une bande de sept étrangers de six pieds sont arrivés sur la piste de danse, trop saouls, en accrochant tout le monde de leurs longs membres. Moi j'ai un format chinois. Je me suis fâchée (tu oses me sortir de ma bulle?), j'ai pris le plus saoul par le collet et je l'ai enguelé en anglais. Les petites chinoises autour me regardaient avec de grands yeux écarquillés. Non mais ils ne savent pas vivre ces foutus étrangers... Ça a été à peu près mon seul contact social de la soirée.

jeudi, mars 08, 2007

Images

Le souci du détail dans cet environnement en décomposition et encombré de fils et de lambeaux, des plantes soigneusement entretenues.

Une camisole?

Chez le Yves Métivier du vieux Shanghai.

Les fleurs sont là

Mais pas la chaleur.

D'abord mes péripéties de la semaine.
Hier je devais aller au marché des tissus. Je savais que pas très loin se trouvait le Public Security Bureau de Shanghai, et je dois m'y rendre. Pourquoi? Parce que j'ai décidé de prolonger mon séjour en Chine d'un mois, pour voyager après mon stage. Voilà, l'annonce est faite.

Donc je prends un taxi pour me rendre au PSB. J'arrive devant l'immeuble du 333 Wusong Lu; entièrement placardé, grues et hommes au travail. Bon. Des agents de sécurité d'un hôtel chic se trouvent à proximité, je m'essaie. Surprise, ils connaissent la nouvelle adresse et me l'écrivent gentiement en chinois. Mais il est passé quatre heures pm, ça ira à demain.

Donc aujourd'hui j'ai dû prolonger mon heure de lunch pour m'y rendre (c'est ouvert seulement pendant les heures où je travaille bien sûr). Le seul mot que j'ai compris des deux gardes d'hier est «Pudong», qui est comme le Longueil de Shanghai. Je prends mon vélo jusqu'au métro, et le métro jusqu'à Pudong et de là un taxi. J'y arrive, remplit le formulaire et attends (64 personnes devant moi...). Pour me faire dire que je dois avoir un petit papier rose du poste de Police le plus près de chez-moi qui confirme que j'ai une adresse ou que je connais quelqu'un qui a une adresse en Chine. On m'écrit gentiement en chinois le nom du document. Je refais la course à l'envers.

Après le travail je me rends au poste de Police. Où je me fais dire que je dois avoir une copie du bail de la personne que je connais en plus d'une copie d'une de ses cartes d'identités. On me donne un document en chinois avec la description des documents nécessaires. Aïe. Les douze travaux d'Astérix... Et tout ça en chinois, c'est du sport. C'est pas fini. Vais-y arriver?


Hier je suis allée voir la projection du fim au Petit (je reprends mes habitudes d'avant les vacances). Les deux japonaises qui s'occupent de le soirée m'ont même demandé où j'étais passé les dernières semaines; je ne suis pas invisible! C'était Yojimbo, un film de samuraï japonais. Super.

Je pensais aller à Suzhou en fin de semaine, mais il fait froid... Je vais attendre une semaine ou deux, il n'y aura que plus de fleurs dans les jardins; c'est une ville de jardins parraît-il. Je vais donc profiter de Shanghai à la place, qui m'a manquée je l'avoue. Je vais aller fouiner dans les galeries et profiter un peu du night life.

mardi, mars 06, 2007

Mardi le 6 mars

Un test d'impression qui a donné quelque chose de bien. C'était la photo «anachronismes» (vendredi 26 janvier), où on voit le vieux Shanghai devant, et le business Shanghai à l'arrière. Imprimée sur l'envers du papier photo, l'encre n'a jamais séché et, un mois plus tard, j'ai dû la jeter.

Stage. Journée à améliorer les sacs (ils vont finir par être parfaits, j'y crois) et à discuter avec Zhang Da du projet FAKE. On a aussi fait le point sur mes objectifs d'ici la fin de mon stage, comme hier avec Gugu. C'est clair et précis, ça me motive.

Bon, je ne sais pas ce qui se passe mais voilà, ça m'a pris ce soir:

C'est un peu comme ça que je me sens ici. Je suis sourde et muette (wo ting bu dong), mais je vois tout, vais partout, touche à tout.

lundi, mars 05, 2007

Lundi le 5 mars

Cet avant-midi, visite de *l'atelier de tricot* d'une amie de Gugu. J'avais déjà manifesté mon intérêt pour cet atelier dont elle m'avait déjà parlé, elle m'avait dit «on ira un de ces jours». Voilà, c'était ce matin.

Je m'attendais à un petit atelier charmant avec deux ou trois employés dans un petit espace. Holà là. C'était en fait le bureau (avec une dizaine d'employés) qui dirige l'usine (avec combien d'employés? des centaines?). Très gros. Et ils font de tout, du bas de gamme chinois aux collections de certains designers japonais et anglais. On a pu fouiller parmis les centaines d'échantillons qui s'y trouvaient. Intéressant.


Ensuite on est allées travailler chez elle. Je lui ai montré ce que j'avais fait pendant son absence avant mes vacances. Il me semblait avoir travaillé beaucoup, mais finalement j'ai eu l'impression de ne pas avoir grand chose à lui montrer. J'avais fait de la recherche et je m'étais creusé le coco, pour finalement lui résumer en quelques minutes tout ce que j'avais trouvé. Mais bon.

On a préciser mes tâches pour les dernières semaines (on aime ça quand c'est précis et qu'on sait où on s'en va). J'ai trois vêtements à développer et terminer (on aime ça aussi finir ce qu'on commence) ainsi que trois imprimés qui m'enchantent beaucoup. Ça fait quatre heures que je suis dans un café à faire de la recherche et à brainstormer sur ces imprimés, qui m'inspirent...

Une des images qui m'inspire:


Gugu s'est informé sur certains prix à l'atelier aujourd'hui. Certains vêtements faits à la main, au crochet par exemple, sont chargés à l'heure, soit 3,5 Y de l'heure (environ 0,55 $ canadien). Ce qui inclut la main d'oeuvre et le profit de l'usine.

Un autre petit calcul.
Soyons généreux et disons que tout le 3,5 Y va à l'employé, qui travaille au moins 10 heures par jour, 25 jours par mois (6 jours par semaine). Environ 875Y par mois. Mon trois et demi ici coûte 1 800Y par mois (et c'est pas le luxe). Et le salaire moyen parraît-il à Shanghai est d'environ 1 500Y. D'ailleurs tout le monde est payé au mois ici et non à l'heure, donc les employeurs peuvent exiger beaucoup du surtemps sans payer plus. Et si l'employé n'est pas content? Il se fait dire «tu es déjà chanceux d'avoir un emploi...». Le taux de chômage est hallucinant ici. Sans aucune aide sociale, évidemment, ni assurance santé.

dimanche, mars 04, 2007

Feux d'artifices et cerf-volants

Je crois que c'est la dernière journée des festivités du festival du printemps aujourd'hui. Après trois semaines, il va bien y avoir une dernière journée! On croirait que la ville se fait bombarder. Et les systèmes d'alarmes des voitures sont de la partie. Ça sent la poudre à canon. Ça éclaire, ça pète, ça saute, ça pétarde.

Ambiance parfaite pour travailler sur le projet de Gugu. Accompagnée de la musique des Unicorns, c'est un beau trio. L'univers de Gugu est totalement différent de celui de Zhang Da; ses inspirations se rapprochent plus de celles des artistes post 80, alors que Zhang Da est plutôt post 70... ils ont en effet près de dix ans de différence. Gugu a certains thèmes plus ludiques, colorés, éclatés. Ça éclaire, ça pète, ça saute, ça pétarde.

Voici une des sources d'inspiration. Celui-là était dans ma chambre dans la montagne Cangshan. À la fois joyeux et étrange, tout comme ces feux d'artifice.

samedi, mars 03, 2007

Samedi le 3 mars


J'ai fait un petit calcul. Quand je dors la nuit, il y a environ 138 personnes qui dorment au dessus de moi et une trentaine en dessous de moi. Et je parle seulement des gens vis-à-vis ma chambre hein, pas tout l'étage. Et c'est sans compter mes désormais amies les coquerelles. Ni le chien du voisin d'en haut qui jappe toujours vers trois heures du matin.

J'ai fait un saut en attendant l'ascenseur tout à l'heure: il y a un morceau de la peinture du plafond qui m'est tombé sur la tête.

Je suis allée marcher autour de chez-moi; j'ai essayé de trouver le plus de petites rues que je n'avais pas vues encore dans mon quadrilatère. Je ne me suis pas perdue et en plus j'ai trouvé un endroit où ils vendent... du café. Le gros luxe.

vendredi, mars 02, 2007

Des villes «européennes» et des villages «africains»


«Around 200 million people in China live in poverty, but the country’s relief programme is not working, warns Gaoming Jiang. Polluters and corrupt local officials are diverting money intended to avert hardship.»

L'article complet ici.

Et un commentaire intéressant à propos de cet article ici.

Vendredi le 2 mars

On m'avait prévenue.

88% d'humidité, sans pluie. J'ai l'impression que je nage mais sans l'eau. Le mot moitte, c'est chinois? Et en plus ça sent pas vraiment bon. Mais ça, je ne sais pas si c'est la chaleur ou l'humidité... On dirait que les égoûts se sont réveillés au nouvel an (je tiens à souligner ici que c'est l'année du cochon).

Mon tuyau de douche est fendu, ça rend les matins rigolos, surtout quand tu veux pas mouiller tes cheveux. Et comme la douche est pas séparée du reste de la salle de bain, le défi c'est de pas mouiller sa serviette de bain. Je pense pas que le proprio va se déplacer pour ça, et j'ai vraiment pas envie d'aller dans une quincaillerie pour essayer pendant une heure d'expliquer au vendeur que je veux acheter un tuyau pour finalement ne jamais être capable de le poser. C'est Catherine l'homme chez-nous d'habitude... Moi j'ai pas ça une drill.

Stage! J'ai fait deux nouveaux échantillons de sacs aujourd'hui, inspirés de ceci:
Et de cela:

J'ai aussi montré le magazine Vision à Zhang Da, un magazine chinois dont le dernier numéro a consacré quatre pages à ma professeure Ying Gao. Pour des images il faut aller sur mon autre blog . Il était très impresionné par son travail, par ses processus de création. Je crois que tu l'as impressionné et inspiré Ying.

Donc on est vendredi soir, ça n'a pas été une grosse semaine. Je regarde tous mes vêtements plein de terre devant la laveuse. Ça devrait m'occuper pour la soirée. Avec un verre de Bailey's et un morceau de gâteau au fromage, la vie est belle.

jeudi, mars 01, 2007

Shanghai gris

Moi et la ville, on sèche.
Retour en sol urbain, loin des montagnes ensoleillées, entourée de gratte-ciels brumeux. Ça me va, j'aime les changements drastiques. Surtout que j'étais toute seule ce matin; il y avait une note de Zhang Da sur ma table disant qu'il était parti à l'aéroport chercher Gugu. Et un cd des Beatles qui trainait à côté. Matin relax, beau retour ça.

Je me suis donc remis dans le bain, en mettant au propre mon travail des derniers jours avant les vacances. Et en y ajoutant ce que j'avais pondu dans le Yunnan, parce que c'est inspirant tout ça. Surtout que j'ai vu en vrai tous les sacs traditionnels desquels je m'inspire pour la ligne de sacs. Et bien d'autres choses. C'est mieux que dans les livres.

Zhang Da est arrivé vers une heure et on a jasé jusqu'à... 6:45. Pas vu le temps passer. Parlé de nos vacances, de son rétablissement (il s'est fait opérer il y a deux semaines, il va bien), de la Bourse de Chine, des tissus des minorités de Chine, de l'attitude des chinois de campagne avec les touristes... On a parlé de l'entrevue qu'il a donné dans le dernier Vogue China sur l'avenir des designers chinois à l'international (en fait j'ai essayé d'en parler, mais il parle peu de lui, il revenait sans cesse aux autres designers interviewés). Des différentes générations d'artistes chinois (ceux nés dans les années 60, dans les 70 et dans les 80) et de ce qui les distingue, des auteurs révolutionnaires chinois, du mariage et des enfants en Chine versus chez-nous... Il m'a montré des livres qu'il commentait à chaque page. Bref, mes tonnes d'interrogations ont eu des réponses satisfaisantes, bonheur.

Voici un mini résumé de notre conversation sur l'art conteporain chinois...

Artistes chinois nés dans les années 60
Techniques traditionnelles, regard sur la société


Wang XingWei

Zhang EnLi

Artistes chinois nés dans les années 70
Techniques traditionnelles et introduction de la vidéo, mémoires d'enfance et regard personnel

Yang FuDong

Xu Zhen

Artistes chinois nés dans les années 80
Ordinateurs et bandes dessinées, regard individualiste sur les émotions personnelles

Perk

Lowfish

mercredi, février 28, 2007

La bourse de Chine


Retour dans le monde urbain.

Hong Kong recule, Shanghaï rebondit
28 février 2007 - 06h40
LaPresseAffaires.com
Agence France-Presse

«Parmi les Bourses asiatiques, seule la Bourse de Shanghaï a rebondi mercredi, en hausse de 3,94% à la clôture, au lendemain d'un plongeon de près de 9%, le plus important depuis 1996.

Cette chute avait été suivie d'un très fort recul de l'ensemble des Bourses mondiales, accentué par des indicateurs américains décevants qui ont ravivé les craintes d'un ralentissement plus fort que prévu de l'économie américaine.»

J'ai cherché le China Daily pour comparer les façons dont y sont traitées les informations, mais il n'y en pas dans mon quartier (et je n'étais pas en état d'aller plus loin que le deuxième coin de rue). Pensez-vous que mon loyer va augmenter?

L'article complet sur cyberpresse.ca, section affaires.

Les montagnes Cangshan

La grimpée
25-02

On peut aperçevoir de Dali le toit d'un temple perché dans la montagne. Puis, un peu plus haut, le toit d'une auberge, à 2 600 m d'altitude. C'est là qu'on va dormir ce soir. Seulement six chambres dans ce nid reclu. Le gouvernement charge pour qu'on emprunte le sentier; tout est payant dans les lieux touristiques. En parlant avec des gens du coin, on apprend que toutes les routes mènent à Rome. On passe par un champ au sud du poste payant, puis on emprunte un sentier où il y plusieurs pierres tombales. Puis on arrive dans le sentier principal. On vient d'économiser une nuitée!

Puis, après deux heures, on est arrivés au temple Bai, qui est un mélange de Daoisme et de Bouddhisme. Bouddha y côtoie le ying et le yang. Des femmes Bai y priaient lorsqu'on y est passé, et elles nous ont fait signe qu'on pouvait y assister. On est entrés dans le temple et on a passé une trentaine de minutes à les écouter chanter. Je n'ai pas pris de photo, par respect, mais c'était très beau à voir...
On est ensuite arrivés à l'auberge. Un endroit propice au repos, très acceuillant et chaleureux. Une pièce commune où le foyer central chauffe au bois, où les animaux domestiques font partie de la famille, où les soupers «familiaux» sont partagés avec les voyageurs... Trois soeurs tiennent l'endroit. Une cave daoiste a été aménagée dans la montagne. J'ai beaucoup aimé. Fin de journée à lire et écrire

La séparation
26-02

Encore beaucoup de lecture. J'ai presque tout lu les analectes de Confucius, puis j'ai passé à travers un livre sur le Daoisme. En milieu d'après-midi, Anne et Ludger ont commencé à préparer leurs choses pour redescendre à Dali. Ils voulaient rentrer en ville pour aller acheter leur billet d'autobus pour Kunming le lendemain et préparer leur voyage. Ils se sépareraient là-bas. Je leur ai annoncé que je ne descendrait pas à Dali avec eux, j'ai décidé de rester une nuit de plus dans la montagne, ma dernière nuit avant le retour à Shanghai.

C'est étrange les relations qui se créent en voyage. Après dix jours à partager tout, de la chambre aux repas, 24 heures sur 24... On a tous eu les yeux plein d'eau quand on s'est dit aurevoir. Mais Ludger devrait faire un saut à Shanghai dans un mois, et moi je pourrai peut-être aller voir Anne dans le nord de la Chine avant mon départ...

J'ai donc passé la soirée entourée des gentils animaux de la montagne...
Retour à Shanghai
27-02

Bon. J'ai redescendu la montagne tôt, avec une voyageuse qui devait descendre en ville elle aussi, Mya d'Allemagne. Je suis encore malade. J'espère que c'est seulement quelque chose que j'ai mangé, parce que deux fois dans la même semaine...

Je suis allée chercher mon sac à l'auberge (je l'y avait laissé pour aller dans la montagne, en n'emmenant que le nécessaire). Je suis alle acheter mon billet d'autobus pour Lijiang. J'ai eu le temps d'aller déjeuner avant que le bus passe. Trois heures avec un mal de ventre dans un mini-bus.

Ensuite j'ai pris un taxi jusqu'à la vieille ville de Lijiang. J'étais certaine d'avoir perdu mon bandeau dans un café, je voulais donc y retourner pour le récupérer. Mais c'est un labyrinthe... c'est le café que je ne trouvais plus, et avec mon gros sac sur le dos, dans la rue bondée. J'y suis arrivée, et, joie, j'ai retrouvée mon bandeau. Mon avion étant seulement à 19:35, je pouvais flâner quelques heures dans Lijiang, ce qui est toujours agréable. J'ai fait le plein de livres en français (je n'ai toujours pas trouvé de librairie avec des livres en français à Shanghai, mais à Lijinag oui!). Puis, c'était vrai, le retour en ville.

Les avions, le taxi, Shanghai. Mon appartement. La porte intacte. Rien à signaler. À part mon estomac toujours contrarié.

Dali

Départ de Lijiang, l'arrivée à Dali
22-02

Dali est à seulement trois heures de bus de Lijiang, entre les montagnes Cangshan et le lac Erhai. Il fait encore clair quand on y arrive. On visite quelques auberges, il y en a plusieurs, et on choisit Old Dali No 5, une auberge de jeunesse qui semble sympa pour pas cher. Puis on explore les alentours.

On passe la soirée à jaser tranquilement dans l'auberge et à jouer aux cartes.

Les champs
23-02

C'est au tour de Ludger et d'Anne d'être malade. Ils passent la journée en pyjama à dormir et lire (ils n'ont pas besoin de marcher six heures les chanceux, ils peuvent se reposer!). Je décide donc de marcher jusqu'au lac. Des champs et des petits villages séparent Dali du lac. Je traverse dans un sentier au milieu des champs qui est utilisé par les paysans en direction d village de Longkan. Gros soleil, aucun son, une heure trente de marche dans les herbes tranquilles.

L'arrivée au village a été étrange. J'ai d'abord été acceuillie par des enfants assez turbulents, qui répétaient en riant «hello» et «money» en me tournant autour. Les gens arrêtaient leur occupation et me regardaient passer... Et ils ne répondaient pas tous à mes Nihao. Je suis une minorité visible. Un peu plus on me lancait des cacahuètes. Pourtant ils sont à côté d'un village touristique, ils devraient être habitués de voir des étrangers. Sentiment inconfortable. Puis une vieille dame m'a gentiment indiqué la route principale d'un beau sourire. Il était évident que je cherchais mon chemin. La route principale était plutôt comme une ruelle, et je n'ai trouvé qu'un petit magasin général où j'ai pu me procurer de l'eau. Un vrai village.
Retour à Dali, assomée par le soleil. J'ai retrouvé mes convalescents assis à la terasse d'un café, le teint d'Anne un peu vert, celui de Ludger revenu à la normale. On a lu et écrit, peinarts. Puis je suis allée souper avec Ludger alors qu'Anne est retournée au lit. Puis on a testé un bar local, cosy.

Le lac
24-02

On décide d'aller sur le lac. On prend un bus jusqu'au village de Caicun, c'est de là que partent les bateaux. À notre arrivée, on est déçus. Prix exhorbitants et gros bateaux bruyants... On rebrousse chemin. Le lac me fait penser au lac Témiscouata, où j'ai grandi.

On flâne dans le village, puis on arrive au temple local. Les hommes jouent aux cartes dans la salle adjacente, c'est un peu comme le centre communautaire. Nous sommes acceuillis chaleureusement par celui qui semble être le leader ou le chef du village. Il est mieux habillé que les autres et c'est lui qui nous fait envoyer des tasses de thé. On le boit sans oser regarder la tasse, qui semble ne jamais se faire laver... Mais les voyageurs ne doivent jamais gaspiller ce qui leur est offert, c'est très impoli. On sort nos cartes et commençons une partie. Ils sont très intrigués par les règles de notre jeu. Qui est un jeu semble-t-il connu dans plusieurs pays; le trou de cul. He oui, c'est le seul jeu que nous connaissions tous. Puis ils nous ont donné des bonbons et nous du chocolat. Agréable moment. Puis on est repartis en les remerciant.
On a ensuite trouvé une auberge sympathique, où on a bu un shake aux bananes. On a lu... On ne pouvait être plus relax. C'est quoi ça le stress?

On est allés à notre nouvelle auberge, la Friends Guest House (l'autre était d'une propreté douteuse, et celle-ci offrait un lit à 10 Y...). Puis on a mangé de la succulente bouffe chinoise, comme à tous les soirs. C'est le moment attendu à chaque journée, on y pense dès le matin. Voici la cuisine à aire ouverte où cuisine cette chaleureuse mamma chinoise.

Les Gorges du Saut du Tigre

Jour un
19-02

On se lève tôt et on est très excités. C'est le matin du départ d'une grande excursion. On partage la location d'une mini-van (avec chauffeur) avec une famille de touristes chinois. Ils nous débarquent près d'un pont peu avant le village de Qiaotou, car eux vont seulement voir les points de vue de l'autre côté du fleuve Yangzi. On traverse le pont puis on se demande comment on va se rendre jusqu'à Qiaotou. Une vieille jeep bleue s'arrête avec plusieurs enfants à l'arrière. On leur dit le nom du village où l'on va (Anne parle chinois, c'est pratique) et pour quelques dollars ils nous embarquent dans la boîte.

Qiaotou est un village pas très beau d'où le sentier des gorges commence (ou se termine, c'est selon). On prend donc ce petit sentier de terre battue, qui semble très anodin. On se demande s'il traverse vraiment les fameuses gorges... Le paysage est beau, et il fait très chaud au soleil, une vingtaine de degrés.

Notre premier arrêt, après seulement une heure de marche, a été pour un thé offert par un homme vivant dans une maisonette au bord du sentier. Le lieu de regroupement des hommes du coin, où l'alcool de maïs maison et les cigarettes semblent être leur seul occupation. Au Yunnan, les femmes travaillent au champ pendant que les hommes... ne font rien.
Ensuite on s'est rendu pour la nuit à la Naxi Family Guest House, une jolie auberge qui, comme son nom le dit, est tenu par une gentille famille Naxi (minorité du coin). Endroit merveilleux, on a bien mangé, on a bien bu... On a fait la fête avec les autres voyageurs et la famille Naxi. Et quel coucher de soleil...


Jour deux
20-02

C'était la journée où l'on devait le plus marcher, environ six heures sans trop se presser (sauf si on les traverse en une seule journée, les gorges ne sont pas une grosse expédition sportive). On commence en avant-midi. Je me sens étourdie et faible... l'altitude? Non, je suis malade. Malade dans les gorges, c'est pas l'idéal, avec un précipice à droite et une montagne à gauche. On me convaint de faire la première heure en cheval, je crois que j'ai le teint blême. Voici donc l'ami qui a travaillé à ma place en train de manger sa récompense.

Puis on est arrivés au point le plus haut du sentier, soit environ 2800 m. C'est impressionnant.

Ensuite c'est le descente qui commence, déjà! Observez ce vidéo avec attention, vous verrez qu'ils n'y a pas que les voyageurs qui empruntent ce sentier...

Arrivée avant la tombée du soir au Halfway Guest House.

Trois bouchées de riz blanc et sommeil pour douze heures. J'ai dû me lever au milieu de la nuit (pas tout à fait guérie), finalement pour mon plus grand bonheur; le plus beau ciel étoilé. Entouré par les montagnes aux sommets enneigés, le ciel était blanc tellement il était empli d'étoiles. Je n'ai pas eu la présence d'esprit de prendre de photos.

Jour trois
21-02

En pleine forme! Dernière section du sentier. Des chutes, encore des chèvres, des beaux paysages...

Puis... déjà la fin.
Retour sur la terre asphaltée, les voitures... On loue une mini-van jusqu'à Qiaotou (tout ce qu'on a marché en trois jours, en heure de voiture par la route!). Puis de Qiaotou on prend un bus jusqu'à Lijiang. Reste plus qu'à trouver une chambre pour la nuit à Lijiang, car tout est complet à cause du nouvel an...

mardi, février 27, 2007

Lijiang

Le départ de Shanghai, l'arrivée à Lijiang
16-02

Après une nuit complète à entendre le vent faire claquer les fenêtres, le départ est un peu angoissé. Il fait gris et mouillasse, qu'est-ce que j'apporte... Il fera chaud et froid. Je laisse mon appartement vide pour douze jours, ma serrure n'est pas très solide... Tout est éteind. J'ai mon passeport et mon billet d'avion, c'est parti.

Environ cinq heures de vol, un tranfert à Kunming. Plus on s'approche, plus il fait beau. Les montagnes sont rouges.

À l'atterissage il fait déjà noir. Je prends un mini-bus qui mé dépose en ville. J'attrappe un taxi et lui montre l'adresse de mon hôtel, écrite en chinois sur un bout de papier. Il me débarque à l'entrée de la vieille ville, qui est piétonnière. Il y a foule dans les rues, qui n'ont pas de noms d'indiqués. C'est très joli, mais ce n'est que des magasins et des touristes.
De questions en questions, j'arrive jusqu'à l'auberge de jeunesse. Ouf. On me montre mon lit; une chambre où je suis acceuillie par un Hollandais, Ludger, et une Allemande, Anne, qui boivent paisiblement une bière dans la lumière feutrée de cette chambre coquette. On fait connaissance, pour ne plus se quitter pendant 10 jours. Nous serons compagnons de ce voyage au Yunnan.

Voici l'auberge et le dortoir:

Le parc de l'Étang du Dragon Noir
17-02

Journée ensoleillée, comme toutes celles qui suivront d'ailleurs. La chance. On se promène tranquillement, on va dans la montagne, d'où on a une vue imprenable sur la ville et les montagnes.

Voici Anne et Ludger:
C'est la veille du nouvel An, alors c'est soir de festivités. Feux d'artifices, musique dans les rues, tout est plein craquer. Belle ambiance, c'est la fête.

Le Vieille Ville
18-02

C'est le premier de l'an, tout le monde est chic.

Découverte à pied de la vieille ville, qui semble petite s'avère être un labyrinthe. Marche tranquille après un bon déjeuner. On sera sage ce soir, demain on part pour les gorges...

mercredi, février 21, 2007

Des nouvelles!

Bonjour à tous!

Je viens vous donner des nouvelles pour Anne-marie qui m'a contacté aujourd'hui sur Internet. Elle va très bien et passe des merveilleuses vacances au Yunnan. Elle s'apprête demain à aller visiter les Tiger Leaping Gorge. Nous devrions donc avoir des nouvelles d'elle, où par l'entremise d'un médium, d'ici environ 1-1½ semaines.

Jivago

jeudi, février 15, 2007

Déjà les festivités du nouvel an

Je croyais que c'était la démolition de l'immeuble voisin... Je regarde par la fenêtre; des feux d'artifices! Entre mon immeuble et celui voisin, et des gros, qui montaient jusqu'au 20ème étage environ et pendant au moins deux-trois minutes sans arrêt! Il y a 500 mètres de stationnement entre les deux immeubles. Bien sûr c'est interdit (il y a des affiches un peu partout), mais on est en Chine quand même, qui ça importe...? J'en entends encore d'ailleurs qui viennent de plus loin. Et j'entends aussi les alarmes des scooters et voitures qui n'ont pas aimé ces feux de joie. C'est la fête. Et c'est l'année du cochon, la mienne!

Jeudi le 15 février

Hé oui, j'étais la seule à avoir manqué d'électricité dans l'immeuble - ça n'arrive qu'à moi voyons. Un fusible de fondu ou brûlé ou quelque chose du genre (il devait être changé en tout cas, ça j'ai compris). Je suis allée à l'ouverture du bureau ce matin et en trente minutes c'était réparé, à ma grande surprise; car en Chine, tout semble très long et compliqué habituellement... Je ne comprends pas trop pourquoi le fusible a lâché parce que je n'avais qu'une lumière d'allumée et mon ordinateur d'ouvert, même pas de chauffage. L'usure probablement. Bref il fait chaud et clair chez-moi ce soir.

J'ai travaillé un peu ce matin puis je suis sortie, il faisait trop beau. Je suis allée acheter le nécessaire pour faire de la calligraphie, et j'ai trouvé des papier et cahiers à l'ancienne. Pour les jours de pluie... Voilà, je vous ai fait une présentation de vitrine:

J'ai aussi enfin trouvé le super livre sur l'intérieur des logements Shanghaiéens dont j'ai parlé sur mon autre blog.

J'ai acheté une petite oeuvre à cette gentille artisane qui a posé avec plaisir et coquetterie pour moi:

Et j'ai découvert un nouveau fruit dont je n'ai aucune idée du nom. On dirait un mélange de clémentine et de lychee. Bon!


Ce soir je travaille encore un peu et fais ma valise. Je quitte demain matin pour douze jours au Yunnan, comme prévu. Je le répète car il semble que quand je ne donne pas de nouvelles pendant plus de 24 heures, ça en alerte quelques uns... Ça n'est pas un reproche, si je disparais dans la brume chinoise, au moins je sais que vous allez vous en aperçevoir. Mais ceci dit, je n'apporte pas mon ordinateur en montagne (he non), et l'Internet chez les naxis, c'est pas ce qui est le plus commun. Donc je vous dis pas de nouvelles, bonnes nouvelles! Et bon nouvel an chinois! Je reviens avec des photos au plus tard le 28 février.

mercredi, février 14, 2007

Mercredi 14 février

Joyeuse St-Valentin!

Aujourd'hui j'ai travaillé chez moi à essayer d'avoir des idées pour les projets de Zhang Da. Esquisses, brainstorming, reherches d'images... De chez-moi parce qu'il est déjà parti pour la période des fêtes, moi je quitte seulement vendredi.

Et puis, en fin d'après-midi, pouf, plus d'électricité. Bon, ça n'est pas les fusibles car je les ai tous fermés puis rouverts. Et le centre de réparation des immeubles du quadrilatère vient de fermer. Bon, pas de chauffage, pas d'eau chaude ni de lumière jusqu'à demain matin... Camping sauvage.

Je m'en vais alors. Je suis allée bouquiner dans une vieille librairie en buvant du thé, puis je suis allée voir la projection de film au Petit (j'ai déjà des habitudes...). C'était Play Time de Jacques Tati, un film de 1967 à la composition assez exceptionnelle. Ensuite je suis rentrée sagement dans le noir.

mardi, février 13, 2007

Mardi le 13 février

Journée passée à chercher des échantillons de tissus pour le projet de Gugu, dans l'immense marché ainsi que dans les rues autour. Parlant de rues autour...

Les rues résidentielles du vieux Shanghai n'ont jamais été vraiment entretenues. Très petites et très misérables, elles sont habitées par les gens âgés, les familles nombreuses, tous très pauvres. Dans la continuité des projets entrepris par le gouvernement chinois pour améliorer Shanghai, ils détruisent ces vieux immeubles, qu'ils jugent insalubres, pour construire de nouveaux logements comme celui dans lequel je vis. Et, évidemment, les familles qui habitaient ces appartements avant la destruction n'ont pas les moyens de payer le prix des nouvelles constructions, et se retrouvent sans maison. Voici un quartier à mi-chemin de la réalisation du projet de reconstruction; des parties détruites et des parties habitées qui se côtoient. Les gens vivent donc dans l'angoisse de l'attente de la destruction de leur chez-eux.




En fin de journée, je me suis retrouvée après une longue marche dans le centre-ville de Shanghai, que je fuis habituellement. Le soleil était déjà couché et il s'est mis à pleuvoir. La pluie à Shanghai égale la course vers les taxis; treize millions d'habitants en plus de tous les touristes, la majorité sans voiture, la clé pour rentrer sous la pluie, c'est le taxi. Moi j'étais un peu perdue, tout ce que je voyais c'était des routes surélevées immenses au dessus de moi et des néons. Le nord, l'ouest? Sais pas. Pas moyen d'attraper un taxi, change d'artère, change de côté de rue, cours vers un qui semble vide, reviens au point de départ... Le bordel. Sais pas trop où est le métro. Sûrement trop loin. Ça m'a paru une éternité, mais en moins de deux heures sous l'averse (souliers dans la flotte, vêtements mouillés trempés), j'ai reconnu un bus qui passe près de chez-moi. Et par pur hasard, il allait dans la bonne direction (ça je l'ai su une fois à l'intérieur, j'ai pris une chance). Donc je sèche. Et je continuerai de fuir le centre-ville.

lundi, février 12, 2007

Lundi le 12 février

Retour en ville, retour chez-moi ( un chez-moi temporaire, mais c'est quand même un sentiment de retour à la maison...). Rencontre avec Gugu pour discuter de l'évolution de son projet. Elle et Zhang Da quittent pour les fêtes du nouvel an chinois cette semaine, je ne les reverrai donc qu'à mon retour du Yunnan, soit le 28 février. Je travaille donc par moi-même cette semaine; ils m'ont laissé des listes de choses à faire (j'ai cinq jours mais j'en aurais pour le mois!).

Ensuite, le soir... Ici je vais faire des jaloux. Isa et Jo, oui je sais, j'avais encore des lulus quand vous écoutiez ça.
Roger Waters, Dark Side of the Moon était de passage à Shanghai; j'y suis allée, seule. Pink Floyd n'avait jamais eu de concert en Chine (on ne se demande pas pourquoi). D'ailleurs j'ai été étonnée par le peu de présence policière. Mais de voir deux mille chinois chanter The Wall, debout, le poing dans les airs... c'est quelque chose. Tout le spectacle avait l'air d'une grosse prière plutôt que d'un concert rock, les gens écoutaient la musique plutôt que de hurler comme des demeurés. C'était pas si différent du temple de dimanche finalement.

Le thème principal du spectacle était la paix mondiale, avec plusieurs appels aux gouvernements américain et anglais. Des images très fortes, des émotions aussi. C'est pas n'importe qui quand même, il te fait ressentir ce qu'il veut ce Waters. Ça te rentre dedans. On comprend pourquoi certains deviennent légendes.

Hangzhou

Week-end à Hangzhou, ville de deux millions d'habitants à seulement deux heures trente de Shanghai. Oasis calme, c'était des paysages comme on en voit dans les livres sur la Chine. L'auberge de jeunesse où je logeais était sur le bord du lac, un immense lac, séparé en petites baies... Première soirée à marcher sur les rives du lac, dans les parcs entourants l'auberge, puis fin de soirée avec les gens de l'auberge.Dimanche, visite du temple Bouddhiste Lingyin. Grottes à l'entrée du site, puis plusieurs temples où les moines, les croyants et les touristes se côtoient. Impressionnant, magnifiques statues... Malheureusement il est interdit de prendre des photos à l'intérieur. Derrière le temple: le Pic du Nord. Un téléphérique est offert pour monter jusqu'à la cîme de ce mont qui offre une superbe vue sur le temple et les montagnes autour. Pas question, on prend le sentier! 1426 marches (oui oui, exactement, je les ai comptées à la descente) pour arriver en haut. Ça a fait du bien de quitter la ville et de voir autre chose que Shanghai.

jeudi, février 08, 2007

Fin de cette troisième semaine

Jeudi
Qui choisi de fêter en paie le prix le lendemain matin. Journée au ralenti! Je travaille de chez moi car Zhang Da et Gugu sont allés voir un client en banlieue. Je ne manque pas de travail, ils m'ont laissés des listes de choses à faire... Journée pluvieuse, parfait pour travailler devant l'ordi et faire du ménage. Pas mis le nez dehors sauf pour manger, dodo tôt. Les journées ne peuvent pas être toutes excitantes.

Vendredi
Une autre journée pluvieuse. Je m'en vais au studio chercher du matériel pour le travail, puis ce soir préparerai mon sac, car je pars samedi matin pour le week-end à Hangzhou. Deux heures d'autobus, j'ai réservé un lit dans une auberge de jeunesse. C'est une ville avec un grand lac, des montagnes, des temples. Voici une image dégottée sur Internet:

Mais d'abord, ce soir, des djs de Montréal font une prestation au Logo. Ça n'est pas écrit sur le flyer qu'ils viennent de Montréal, mais on me l'a dit. Je me dois d'aller voir si Montréal fait bonne impression à Shanghai!

Zooma jam band

C'est le flyer qui a attiré mon attention.

J'ai réussi toute seule comme une grande.
Bon je suis pas caméraman hein; le premier est dans un bout pas fort de la soirée, et le deuxième j'ai... tournée la caméra de 90 degrés pendant que je filmais. Sans commentaire. Ça sonne mal, mais ça c'est ma caméra.

Bravo à Marianne pour sa première chirurgie à l'Université, et sur une chatte en chaleur en plus (ça complique la chose parraît-il).

Merde à Guillaume Blais qui a une entrevue stressante demain.

Et merde à Jo Pronovost qui a une audition demain aussi.

mercredi, février 07, 2007

Mercredi le 7 février

Journée au studio à travailler la deuxième série d'échantillons de sacs, mais aussi sur de nouveaux modèles à développer. Donc recherche, esquisses, moulage.

Il y avait des animations au Petit; je m'attendais à des animations japonaises. Pas du tout. C'était deux courts films de Frédéric Back, Crac et L'homme qui plantait des arbres. Frédéric Back est d'origine française mais a vécu au Québec. Crac est un compte où ça gigue, où ça joue de la cuiller, où ça boit du caribou, avec allusion à la chasse-galerie, à l'hiver, au métier de bûcheron... Après la projection, je n'ai pû m'empêcher de raconter aux autres qu'à l'intérieur du Canada, il y a une petite nation, francophone, est que ce joli film était un portrait de la culture traditionnelle de cette nation. Ils étaient à peu près tous surpris d'apprendre qu'il avait des gens qui parlent français au Canada. J'ai donc dû leur raconter l'histoire de la colonie française. Ils m'ont posé plein de questions tellement ils étaient étonnés. He ben. J'aurais jamais cru entendre des rigidons à Shanghai.

Depuis mon arrivée, je trouve que je suis pas mal sage. Hier javais besoin de me défouler. Je suis donc allée danser, oui toute seule. J'ai trouvé un flyer qui annonçait des mercredis jams drum'n bass, funk reggae. Mon style ça, entrée gratuite en plus. Après les projections, j'ai filé en taxi jusque-là. Un bel endroit, et de la très bonne musique. Une quinzaine de musiciens qui s'échangeaient les instruments, deux djs dont un qui scratch, claviers, deux à trois mcs... Le genre de soirée auxquelles je vais avec Marjo et Clau à Montréal!

J'ai dansé assez pour être rassasiée, puis ensuite je me suis décidée à parler aux gens. Très sympas, ils m'ont donné d'autres adresse similaires où ils font d'autres soirées. Et il y a deux gentilles iraniennes installées à Shanghai depuis dix ans qui m'ont donné leur numéro de portable; si j'ai besoin de quelque chose ou si je veux sortir. C'est gentil ça. Bon on voit pas grand chose, mai ça donne une idée de l'atmosphère. J'ai pris un vidéo très bien, mais je ne sais pas comment le mettre encore. Je vais trouver.

mardi, février 06, 2007

Mardi le 6 février

Une belle journée douce!

Le projet de Gugu se concrétise, les idées s'éclaircissent. On a divisé les idées en produits, que je vais développer selon ses deux thèmes.

Je suis allée au bureau de poste ce midi. C'est une expérience. Le commis avait l'air de trouver ça pas mal compliqué mes lettres outre-mer... Après douze minutes de calcul, il m'a donné une grosse pile de timbres de toutes les couleurs. Un autre dix minutes à coller ces petites images. Voici comment; un pinceau avec de la colle pour fermer la lettre, et de l'eau et une guenille pour les timbres...
En fin de journée j'ai eu une grosse discussion avec Gugu. Entre autres sur les différences culturelles. Ce qui me frappe le plus ici, c'est que les gens ne se touchent pas. Les amis, les couples, pas de contact ou à peine en public. Pas de calins, pas de bisous, pas de tappes dans le dos. Ça fait assez froid. Je vais m'acheter un toutou je crois.

Ensuite on est allées souper avec Zhang Da et leur graphiste, Zheng Jie. C'était de la cuisine de la province de Hunan (d'où vient Mao) et c'est TRÈS épicé et j'ai mal au ventre. D'ailleurs il y avait des images de Mao partout sur les murs du restaurant. Je ne sais pas si ça affecte la digestion.

lundi, février 05, 2007

Lundi le 5 février

Aussitôt arrivée au studio en ce lundi matin endormi, aussitôt envoyée chez Muji en observatrice. Ça réveille bien ça. Muji c'est une chaîne japonaise de magasins grandes surfaces d'objets pour la maison; j'en ai parlé un peu dans un post quand je suis allée au Petit, car la proprio est une ancienne designer. C'est très minimaliste, couleurs naturelles et douces, très design. Pas donné par contre. J'y ai donc observé les sacs, leurs finitions, détails... Voici une photo d'un de leur magasin prise sur le net:


Pour m'y rendre j'ai pris le vélo et le métro. Ça me surprend à chaque fois à quel point c'est gros ici. Je vois le métro du studio mais mieux vaut prendre le vélo; tout a l'air près ici, mais rien ne l'est vraiment. 6 minutes de pédalage. Je stationne mon vélo dans un parc prévu à cet effet devant le métro. J'emprunte un passage surélevé pour me rendre à l'entrée du métro; 5 minutes de marche jusqu'au guichet. Je dois changer de ligne de métro; 15 minutes de marche à l'intérieur de la station pour me rendre à l'autre ligne! On a l'impression qu'on y arrive jamais.
Retour au studio: essai des échantillons, amélioration des finitions, intégration de nouvelles idées, dessin. J'ai présenté le tout en fin d'après-midi à Zhang Da, qui commenté et approuvé le tout. Je met le tout au propre et une deuxième série d'échantillons seront produits.

Gastronomie. J'ai presque fait le tour de l'Asie déjà; cuisine Shanghaiéenne, Cantonnaise, Hongkongaise, Taiwanaise, Indienne, Vietnamienne... J'ai rien goûté d'étrange encore (pas en le sachant du moins), l'occasion ne s'est pas présentée et je n'ai pas vraiment couru après disons. Au Yunnan ils mangent beaucoup d'insectes frits.

Société. Quand je suis allée me faire masser les pieds, Zhang Da m'avait averti de ne pas aller n'importe où, qu'il y avait plusieurs endroits louches. J'avais remarqué des salons de coiffure et de massage étranges. Pas de miroir dans un salon de coiffure, ça mérite un questionnement. Surtout quand toutes les coiffeuses sont en mini-jupes et se brossent les cheveux en mâchant de la gomme balloune. Et que l'éclairage est rose. C'est ça le truc il paraît; l'éclairage rose. Il y en a plusieurs de ces «salons» dans mon quartier.

dimanche, février 04, 2007

Blondie

J'avais décidé de garder les plus belles de mes photos pour mon retour, mais celle-là je ne peux m'empêcher de la montrer. Ma meilleure je crois. Pourrait-on voir ça ailleurs qu'en Chine? J'ai eu beau m'agenouiller lentement et lui faire mon plus beau et doux «nihao», elle a eu peur de moi (et moi de ses rallonges). Elle s'est sauvée en courant tout de suite après la photo.

samedi, février 03, 2007

Dimanche le 4 février

Ho lala la belle journée. Le printemps s'est fait sentir à Shanghai. Je n'osais pas en parler pour ne pas le faire fuir, mais ça fait plus de huit jours que le beau temps est ici... Et aujourd'hui c'était particulièrement doux. Première journée sans combine sous les jeans!

En ce beau dimanche matin, je me suis cuisiné tout un déjeuner. Faut dire que je me suis acheté un chaudron rose, ça motive (oui, Catherine, désolée, encore du rose pour notre cuisine...). Donc je me suis inspirée des galettes que les gens mangent ici le matin. Je me suis fait un croisement entre du pain doré et une omelette; pain, oeufs, laits échalottes, champignons... Dans mon chaudron rose. Je dois aller m'acheter une laine d'acier maintenant. Voici de quoi ça avait l'air: (remarquez le thé que Zhang Da m'a offert, la jolie fleur qui flotte)

Ensuite, je suis allée passer l'après-midi dans un quartier où d'anciennes usines ont été converties en ateliers d'artistes. Je vais devoir y retourner, il y en avait pour deux jours d'exploration. Des galeries-ateliers qui servent aussi souvent de maison à l'artiste qui y travaille. La majorité des galeries présentaient un travail qui ne m'intéressait pas particulièrement, mais pour le lieu ça valait plus que le coup. Si j'avais pu capter les odeurs, les ambiances, les sons... Chaque studio avait son univers, parfois les artistes étaient au travail. Ça sentait un mélange de bois humide, de poussière, de peinture à l'huile, d'encens, de riz.

Et il y a aussi la nouvelle librairie spécialisée en art contemporain, qui a ouvert ses portes la semaine passée. Il y en a qui ont des problèmes de jeu. Moi j'ai un problème de livres. J'y suis donc entrée avec l'idée modérée de me trouver quelques livres (deux-trois... quatre-cinq) sur des artistes locaux. Mais ils sont beaucoup hein les chinois, et ils sont productifs... Il y en avait des livres. Pas capable de choisir, j'hésitais entre une vingtaine. Et pas donnés ces livres non plus. J'ai cadenassé mon sens des achats impulsifs dans le fond de mon sac: j'ai décidé d'attendre à la fin de mon voyage pour voir selon mon budget ce que je me rapporterai. Sage! Et à la place je me suis acheté trois magazines chinois, un hongkongais et deux japonais. Bien moins chers que les livres. Sage?

J'ai fini ma journée chez Gugu, où Win Le travaillait encore avec elle à mon arrivée (17:30). Elle m'a laissé utiliser son imprimante, puis on a soupé les trois, écouté de la musique (de Montréal), regardé des photos sur Internet de nos villes natales. Wow une vie sociale!

Et la voilà la gentille dame qui est comme la gardienne de l'immeuble et qui me fait toujours de beaux sourires. Je lui ai demandé si je pouvais la photographier; elle était gênée, elle a replacé sa tuque. Je lui ai montré la photo ensuite sur ma caméra, elle riait aux éclats. Trop mignonne.

Samedi le 3 février

Travail chez Zhang Da aujourd'hui; l'acheteuse de Pékin vient dimanche voir les sacs et les vêtements. Les sacs que j'ai dessinés étaient en production aujourd'hui (les échantillons). C'est agréable de faire le design, et qu'ensuite ça se réalise «tout seul». Je ne suis pas habituée à ça, mais je crois que je pourrais y prendre goût assez vite. Donc j'ai d'abord finalisé des petits détails (certaines mesures et finitions).

Comme c'est un tout petit atelier, on fait les dessins à la main avec les mesures et des petits pictogrammes (qui sont très mignons) pour les finitions, puis on va les donner à la patronniste, dans la pièce d'à côté. Et une vingtaine de minutes plus tard elle revient avec la feuille pour poser des questions, à chaque fois. Et comme Columbo, juste avant de sortir du bureau, elle s'arrête puis revient avec une dernière question. C'est identique à chaque fois, on dirait qu'il n'y a que moi qui remarque. Ça me fait sourire. Voici le genre de pictogrammes, ça fait très chinois je trouve, au lieu d'utiliser des lettres, faire des symboles (moi je n'avais jamais utilisé ça, j'ai appris à les écrire en mot, en abréviations):


Et ensuite j'ai pressé les échantillons des vêtements que Zhang Da lui présentera demain, ça m'a permis de comprendre les patrons, qui sont assez intéressants. Beaucoup de vêtements plats, à la chinoise. Ils semblent simples, mais quand tu essaies de visualiser les patrons, tu te rends compte de la complexité. Et ils sont très différents s'ils sont à plat ou sur un corps, et d'une manière ou de l'autre sont très beaux.

En fin d'après-midi je suis allée faire des courses dans un marché que Gugu m'avait conseillé car je pourrais y trouver tout ce que je voulais. J'avais oublié que ces «marchés» sont trop gros, trop bruyants, trop remplis, et de véritables labyrinthes en plus. C'est immense, ça donne le vertige. C'était la dernière fois. J'aime mieux les petites boutiques de fond de ruelle que les méga-centres des méga-artères commerciales.


Ensuite je suis passée chez Gugu pour aller chercher un cartable que Win Le m'avait préparé; elle a imprimé les photos que j'avais prises lors des excursions avec Gugu et que j'avais classées selon les thèmes qu'ont a développés, puis elle m'a fait un cartable. Gâtée pas mal je trouve la petite stagière. Je vais pouvoir y ajouter les gammes couleurs que j'ai commencé à développer hier soir (à Shanghai tout le monde travaille tout le temps, et c'est contagieux je crois) et toutes les listes de matières, couleurs, formes que j'ai commencé à tirer de nos trouvailles.

Je vous rappelle qu'on est samedi, et personne n'était en congé; Zhang Da, la patronniste, la couturière, même la maman de Zhang Da travaillait pour aider. Win Le a passé une moitié de la journée chez Zhang Da, l'autre avec Gugu, qui reçevait aussi une dame qui a un atelier de tricot pour discuter de ses produits. Le week-end? Peut-être demain, pour certains chanceux (comme moi par exemple).

vendredi, février 02, 2007

Vendredi le 2 février

Des boutiques de tressage de bamboo, de la vaisselle, des tissus, de vieux jouets... Plein de petites trouvailles cet avant-midi encore. Ensuite nous avons classées les photos prises, puis discuté. Le projet se clarifie. On commence à faire des planches avec les matières, formes, couleurs et thématiques des groupes. J'aime beaucoup la façon de travailler de Gugu; les modèles viennent à la toute fin, une fois que toutes les matières et détails sont choisis.

Voici deux dames, mère et fille, en train de faire des dumplings dans l'arrière d'une petite boutique. Elles m'ont montré leur technique; de l'origami hein, joli comme tout.

Beaucoup de talent, mais aussi beaucoup de pauvreté dans ce quartier de la vieille ville. Plus de gens que d'emplois, aucune sécurité sociale... Derrière les rues touristiques propres et bien aménagées se trouvent de petites ruelles où la misère est palpable.

J'ai commencé à lire hier soir Le sabotage amoureux d'Amélie Nothomb. (Isa, l'as-tu lu?) Elle y parle de la Chine, elle qui y a vécu trois ans pendant son enfance. Voici un paragraphe qui m'est revenu en tête aujourd'hui :

«Aucun pays n'aveugle à ce point: les gens qui le quittent parlent des splendeurs qu'ils ont vues. Malgré leur bonne foi, ils ont tendance à ne pas mentionner une hideur tentaculaire qui n'a pas pu leur échapper. C'est un phénomène étrange. La Chine est comme une courtisane habile qui parviendrait à faire oublier ses innombrables imperfections physiques sans même les dissimuler, et qui infatuerait tous ses amants.»

jeudi, février 01, 2007

Jeudi le 1er février

Journée avec Gugu passée dans les «bazars». Ce sont des centres d'achats emplis de kiosques où l'on peut acheter au gros ou à la pièce toutes sortes de vêtements et d'accessoires. Le premier où l'on va a cinq étages: cinq étages d'horreurs. Chaque vêtement avait au moins 37 détails; ils voulaient tout mettre sur le même vêtements on aurait dit... Froufrous, paillettes, rubans, imprimés, rayures, dentelle. Nauséeux pendant cinq étages. C'était le seul kiosque qui était joli:

Le deuxième est venu sauver la journée. Items rétros, tricots... J'ai vite compris ce qu'elle recherchait, ça a très bien été. On a acheté des échantillons (et j'avoue que j'ai magasiné pour moi un peu...) et j'ai pris des photos, beaucoup de photos. De retour chez elle, on a compilé tout ça, fait des listes, sorti des idées, fait des liens, ressorti des couleurs pour faire des gammes... On dort là-dessus, la suite demain.

J'ai aussi acheté mon billet d'avion pour les vacances du nouvel an chinois! Je vais passer douze jours au Yunnan, dans un village appelé Lijiang. C'est près d'un grand lac, les habitants portent encore les vêtements traditionnels (comme ceux que j'ai photographié au musée, voir le post du 17 janvier). Ça va être un tout autre aspect de la Chine, et le ciel va être bleu, pas de pollution! Voici une photo de la ville trouvée sur le net:

Et non, ça n'est pas une légende. Il fait un peu plus doux sur l'heure du midi ces jours-ci, on voit sortir les Shanghaiéens en... pyjama d'hiver. On en voit plusieurs par jours; carreaux, oursons, le tout matelassé, le grand chic:

mercredi, janvier 31, 2007

China you rock II

Suite à vos vives réaction et questions concernant le rock chinois, je vous ai trouvé ce vidéo sur YouTube. À vous de juger.

Mercredi le 31 janvier

Avant-midi à préparer les échantillons et les dessins finaux de la ligne de sacs pour que la patronniste puisse commencer les patrons. Et ensuite, après une discussion avec Zhang Da, je retourne au marché... toute seule. Et c'est pas la porte à côté hein, 35 minutes d'autobus pour le marché des garnitures puis un autre 15 minutes pour le marché des tissus, sans parler de la marche. Je me suis perdue deux fois. Bon pas une «vraie» perte, mais assez pour perdre pas mal de temps. J'ai fait une fois et demi le trajet complet d'un autobus parce que j'avais oublié de débarquer à l'arrêt, et la gentille chauffeuse m'a gardée avec elle jusqu'à ce que l'on repasse devant. Et ensuite j'ai débarqué au mauvais arrêt (j'avais peur de passer tout droit encore). Mais pas de panique, je me suis retrouvée. Mais c'est pas évident ici, les rues font des courbes; tu crois que tu vas vers l'ouest, mais non, t'es rendu à l'envers.

C'est aussi difficile d'acheter quand tu parles pas la langue. La première chose que j'ai faite ç'a été de m'acheter une calculatrice; pas pour calculer, mais pour écrire les chiffres, les quantités et négocier. Parce que tout se négocie ici, il ne faut jamais accepter le premier prix. Je m'en suis bien sortie je crois.

Voici un coin de rue tout près du marché des tissus:

Il doit avoir froid lui, non? Moi j'irais plus au sud si j'étais lui... Il y en a beaucoup ici des palmiers, c'est surprenant.

Quand je vous disais que les chiens sont habillés, voici un exemple: (remarquez la rallonge rousse...)

Et ce soir je suis allée voir une projection de M for murder de Hitchcock au petit (l'endroit dont j'ai parlé dimanche). Mon premier verre de vin en terre chinoise, entourés principalement d'étrangers. On l'a écouté en anglais sous-titré en chinois, puisqu'on était une majorité «d'ailleurs» (6 contre 3).

Vue du studio de soir:

mardi, janvier 30, 2007

Mardi le 30 janvier

Une journée avec Win Le, l'assistante de Zhang Da et Gugu. Je dois acheter ce que je veux pour faire mes échantillons finaux de sacs. Oui, ce que je veux; sans consultation avec Zhang Da. C'est presque déstabilisant tellement il me laisse de liberté. C'est pas moi qui va me plaindre.

D'abord elle m'emmène au marché des garnitures dans la vieille ville. Attache ta tuque, c'est environ vingt rues St-Hubert plus un centre d'achats empli de kiosques de garnitures... Des montagnes de boutons, de rubans, de tout ce que tu veux. C'est gros.


Ensuite, un autre autobus jusqu'au marché des tissus. Sur trois étages, tu peux presque t'y perdre. Difficile de ne pas trouver ce que l'on cherche. Et Zhang Da qui me disait: «C'est pas facile ici, on a pas beaucoup de choix quand on achète des petites quantités...» Il pleurerait à Montréal.

On trouve tout ce que l'on cherchait (évidemment) et on va ensuite dîner au Yu Garden. C'est un coin de la vieille ville où l'architecture à l'ancienne à été conservée. Et à l'intérieur, entre les immeubles, il y a des jardins, des lacs artificiels, des poissons. C'est joli, mais rempli de Dairy Queen, PFK, McDo et compagnie. Sans parler des boutiques de cossins touristiques, genre toutous de pandas et porte-clés Hello Kitty (qui est une chatte japonaise, mais qui s'y retrouve quand même-ça vend bien).
Retour au studio, plus qu'une heure pour travailler. Ensuite Win Le m'invite à aller souper avec elle à l'Université. C'est presque un village tellement c'est grand. La majorité des étudiants y habitent en résidence, donc on y trouve de tout, du cordonnier au coiffeur. Et je suis invitée dans la famille de Win Le en région pour fêter le nouvel an chinois avec eux! C'est à suivre...

China you rock

Grosse semaine en perspective au studio; une acheteuse vient voir les sacs dimanche... Les échantillons devront donc être prêts, et je travaille au studio jusqu'à mercredi. Aïe. Au boulot.

Zhang Da m'a aussi donné un nouveau projet à commencer, inspiré de ceci:
Ensuite Gugu m'invite à aller voir un concert avec elle et des amis. Et pas n'importe quel concert; la rockstar de la Chine, Cuijian. Icône de la génération des 40 ans, il a longtemps été censuré par le gouvernement à cause de ses propos «dérangeants». Les chinois se défoulent et s'amusent avec lui.

Je rejoinds Gugu chez elle, qui m'attends avec... des crêpes au chocolat! La joie. Ensuite on va rejoindre ses amis. Surprise, ces amis ne sont pas n'importe qui. Entre autres, Wang Yi Yang, le designer derrière Zugzug et Cha Gang dont je vous ai parlé et sa copine, qui est l'une des artistes d'art contemporain la plus reconnue ici. Elle est dans le Vogue China ce mois-ci. Gulp. Et le spectacle maintenant. D'accord, on est loin d'Arcade Fire (la musique ressemble à du Kashtin mélangé à du blues... et à un peu de tout aussi) mais c'était intéressant de voir les gens si heureux de le voir.

dimanche, janvier 28, 2007

Dimanche le 28 janvier

Plein de choses à raconter.
D'abord, après les courses à vélo (trouver un nouveau séchoir, trouver un nouveau fusible qui a explosé en même temps que le séchoir dans ma power bar- une explosion ne vient jamais seule-, etc.), je suis allée me faire masser les pieds. Non non, pas pour me gâter et me faire dorloter. Par curiosité anthropologique: découvrir les traditions locales, pour les partager généreusement avec vous. Je vous le dis.

Une heure de massage. J'ai découvert que je n'ai pas des noeuds que dans le haut du dos, mais aussi à côté de la grosse orteil, autour du tibia, près du talon... Ça valait le 16$.

Ensuite Gugu m'a fait découvrir un café-salon de thé tenu par une japonaise en exil, le petit-xiaoxiao. Ancienne designer pour la grande chaîne Muji (un genre de Ikea japonais en mieux), elle est venue à Shanghai étudier le mandarin pour trois mois. Et deux ans plus tard elle y est toujours. Elle n'a pas de permis pour avoir cette entreprise, alors il n'y a pas d'affiche à l'extérieur, sa clientèle se construit par bouche-à-oreille. Un secret quoi, on aime ça. Elle nous sert du thé dans une ambiance des plus calmes et agréables. Elle donne aussi des petits cours de boulangerie; aujourd'hui c'était la baguette. Mignon comme tout. Il y a aussi des projections de films le soir, je vous en donne des nouvelles.


Ensuite on cherche de la farine au marché pour faire des crêpes, mais c'est rarissime ici; on n'en trouve pas. Gugu reçoit un appel de Zhang Da. Il veut qu'on aille le rejoindre, je ne comprends pas trop où, mais on embarque sur nos vélos et on pédale. Surprise. Tapis rouge, tout le glam de Shanghai, happening. Je reçois une fleur à mettre à ma boutonnière (je n'en ai pas...) en guise de billet d'entrée. On est les seuls en espadrilles. C'est l'ouverture d'un nouveau building financé entre autre par une entreprise italienne. Galerie design au deuxième étage à visiter, discours de politiciens, musique de mauvais goût et trop forte en plus. L'ambiance de chez xiaoxiao me manque. 25 minutes plus tard on se sauve. Ouf.
Direction restaurant, on est accompagnés d'un de leur ami graphiste et d'un des investisseurs dans le projet du building (!). Miam, grosse bouffe de cuisine traditionnelle de Shanghai. Ensuite on se dirige vers le centre-ville, l'ami graphiste ne vient pas du coin et veut magasiner un peu. Ils me font découvrir des endroits intéressants sur Changle Road, ou fouine. Les magasins ferment tard ici.

Je suis fatiguée.

samedi, janvier 27, 2007

Samedi le 27 janvier

L'eau chaude est revenue! Une douche chaude, ça réchauffe le coeur. Heu le corps.

Journée pas palpitante du tout; enfermée dans un café Internet, les écouteurs sur les oreilles, six heures de vidéos du Dr. Singer. En fait le cours est très intéressant, mais je retravaillerais le look du Dr. Singer, tant qu'à le regarder pendant toutes ces heures d'affilées. En anglais en plus, je me sens un peu assommée.

Demain est un autre jour.

J'ai trouvé un magazine très intéressant; Urban China. Plusieurs belles images sur des sujets intéressants, et une partie des textes traduits en anglais. En plus ils ne sont que 20 RMB (même pas 3,50!). Pas de site Internet malheureusement.



Ying, avais-tu un cadran comme lui quand tu étais petite?

vendredi, janvier 26, 2007

Ligne de sacs

Voici quelques images qui ont inspirées les sacs que je fais avec Zhang Da. Désolée pour la qualité des photos. Pour ce qui est des esquisses Julie... plus tard peut-être! Pour l'instant c'est tout à plat et ça ne dit rien si tu ne vois pas les prototypes. Et je ne sais pas trop s'il est réticent à ce que je montre ses produits sur Internet. Il faudrait que je lui demande non? À suivre.

Anachronismes

Ça c'est Shanghai. Voir ça en vrai, ça fait quelque chose... On dirait un montage non? En vrai aussi. On dirait que ce n'est pas Shanghai en entier qui a avancé dans le temps. C'est plutôt le futur qui a poussé à travers le passé.

Shanghai c'est le riche à côté du pauvre, le neuf avec le vieux, le passé en face du futur, trop de contrôle en même temps que le manque de lois, la quiétude puis l'agitation. Tout cela passé au shaker et servi sur un plateau d'argent bosselé serti de néons fluos.

Vendredi le 26 janvier

Quelle belle journée! C'est comme si j'avais une guide privée, et en plus c'est une dépisteuse de tendances professionnelle...

Je suis partie avec Gugu ce matin dans la vieille ville. On a fouiné les petites boutiques cachées dans les recoins, exploré les ruelles, viré le marché à l'envers. Des vieux objets, des antiquités, des souvenirs. Le tout expliqué, raconté. C'était un périple dans la vie et l'histoire des chinois, loin des lieux touristiques.

Et le but était de trouver des trucs inspirants, de prendre des photos, d'acheter des échantillons, d'avoir des idées...

Voici des images! Je vous bombarde (et j'ai eu de la difficulté à choisir lesquelles vous montrer...). Ça vaut la peine de cliquer dessus et de les regarder en plus grand, il y a beaucoup de détails intéressants.


Voici Gugu chez elle:


Et on a fait installer un joli panier en avant de mon vélo. Pour mettre mes paquets...

jeudi, janvier 25, 2007

Mais que fait Zhang Da?

Voici quelques photos, parce que les images c'est mieux.




Jeudi le 25 janvier

Un bon matin. D'abord, pas d'eau chaude. Pourtant j'ai un chauffe-eau au gaz dans mon logement et il fonctionne. Pourquoi alors? Parce que. Ça semble être souvent la bonne réponse ici. Pourquoi? Parce que. On sait pas trop.

Douche froide donc, glacée même. À sept heures du matin, ça réveille. Surtout laver les cheveux. La vie est dure. Vivement le séchoir pour profiter de sa chaleur.

Boum. Le séchoir explose, fumée comprise, ça sent mauvais. Bon matin. Désolée Catherine, la Chine a avalé ton séchoir. Je te donne le mien.

Le reste de la journée s'est mieux passé (ça peut pas durer comme ça toute la journée quand même, Murphey a ses limites). Journée de patron aujourd'hui; Zhang Da a besoin de patrons de base et sa patronniste a de la difficulté avec les vêtements de base ajustés, les vêtements «de l'ouest» quoi. Les techniques de coupe ici sont très différentes. Les vêtements ont toujours été coupés à plat, sans pince ni ajustement. Le but des vêtements étaient de couvrir le corps, et non pas de montrer ses formes, alors les chinois n'ont pas développer les techniques de pinces.

Je m'attendais donc à travailler avec les patrons qui étaient déjà faits, avec des bases à améliorer. Non. Avec un vêtement déjà existant alors? Non, du papier, un crayon et quelques mensurations chinoises griffonées sur un coin de feuille. That's it. D'accord, la patronniste en moi -y'en a-t-il une?- s'attèle et se met au travail. Je vois dans ma tête ma rangée d'immenses cartables de patron bien classés du cégep qui sont dans une bibliothèque... à Montréal. J'envoie en pensée une demande de support à tous les profs de patron que j'ai eus. On appelle ça un défi.

J'avertis quand même Zhang Da que je ne suis pas habituée de travailler comme ça, que ça va être plus long car je vais avoir plusieurs toiles à faire mais que je vais faire mon possible. Un pantalon cigarette et un veston cintré, c'est pas sorcier quand même. J'ai fait un premier patron du pantalon avec les mensurations qu'ils m'ont donné, et pour le reste je me suis fié à mon oeil de lynx (ça a l'air d'une belle courbe ça, ça devrait bien faire). Pour le veston je l'ai moulé sur le mannequin à partir d'un corsage sans ajustement que j'ai fait. Le moulage c'est plus mon truc. Donc lundi je couds les premières toiles et je les fais essayer. J'ai confiance.

J'ai aussi présenté à Zhang Da là où j'en suis avec les sacs. Les modèles #1 et #2 se précisent, avec deux variations pour chaque modèle. Il semble content de mon travail. Je compte avoir à peu près finalisé la série pour mercredi prochain.

À partir de la semaine prochaine je ferai du lundi au mercredi au studio de Zhang Da et les deux autres journées chez Gugu.

Il m'a parlé aujourd'hui de son travail de professeur. Il enseigne à une Université en banlieue de Shanghai, celle où il a étudié. Il donne deux cours; introduction au design de mode et introduction à l'industrie de la mode en Chine. Il n'est pas très satisfait de son travail; les classes sont devenues trop grosses (une cinquantaine d'étudiants) donc il n'y a pas assez d'échanges entre le prof et les élèves. En plus, il trouve que les étudiants, qui sont tous enfants uniques et assez choyés finacièrement, manquent de passion, de curiosité et sont peu vaillants. Il trouve que c'est une drôle de génération, très différente de la sienne ( ils ont 19-20 ans). Ils ne veulent pas prendre de notes, ils prennent des photos du tableau avec leurs téléphones mobile... s'ils ne dorment pas tout simplement sur leurs bureaux.

Voici quelques photos du studio: (vous n'avez qu'à cliquer sur les photos pour les voir plus grosses)



Et de ceux qui y travaillent:
(à gauche: la maman de Zhang Da qui tricote paisiblement, au centre: Zhang Da et Win Le qui discutent de son projet de fin de session, à droite: la patronniste et la couturière)



Il y a un dicton qui dit que les chinois mangent tout ce qui a quatre pattes sauf les chaises et les tables. Il y a aussi un dicton chinois qui dit que les cantonnais mangent tout ce qui est tout nu. C'est pourquoi tous les animaux domestiques ici sont habillés de petits tricots et bottes (ça évite la confusion à l'heure du lunch). Voici une photo de la catégorie *gastronomie chinoise*:

mercredi, janvier 24, 2007

Mercredi le 24 janvier

Les jours passent vite il me semble. Bon d'abord, je ne sais pas si je me répète, mais il fait froid ici. Pas seulement dehors, il fait froid, tout le temps, partout. La seule façon de ne pas avoir froid c'est de faire du cardio. C'est bon le thé, mais aussi ça récahuffe les mains; c'est pour ça que c'est si populaire ici. Donc je travaille avec mes gants (ils ont les doigts coupés quand même, c'est plus facile pour dessiner), je m'enroule des chandails autour du cou, j'ai des leggings sous mes jeans... Dans ma chambre je suis bien, mais attention à la facture d'électricité qui s'en vient! Au Québec on est fiers de vivre sous zéro pendant six mois, mais on a des foyers dans les maisons, et quand on sort c'est pour pelleter, ça réchauffe. Ici, dedans c'est comme dehors et y'a pas de belle neige.

Bon, consolation météorologique de la journée: je vous ai menti. J'ai vu un bout de ciel bleu aujourd'hui! Et il y a avait des espaces ombragés, ce qui prouve que c'était une journée ensoleillée. Quand on regardait au dessus de sa tête, il y avait du bleu. Qui dégradait assez rapidement vers le blanc, mais bleu quand même. C'est triste la pollution, et ça serait triste que toute la planète devienne comme ça. C'était la phrase sensible de la journée.

Stage! Parfois, les designs les plus simples sont les plus difficiles à trouver. Simple, bien pensé, intelligent, flexible, multi-fonctionnel, minimaliste. C'est ça qu'il veut que ça donne, rien de moins. Et c'est ça que ça va donner. Je crois que le modèle #1 (je leur ai donné des noms inusités: #1, #2, #3 et #4) approche de l'aboutissement. #2 et #3 sont bien partis, tandis que #4 est embryonnaire. La chose qui m'embête un peu c'est que je n'ai pas vu le tissu qui sera utilisé pour confectionner ces merveilleux sacs...

Le second projet sur lequel je vais travailler et pour lequel je dois garder l'oeil ouvert s'appelle FAKE. C'est un projet qui est déjà commencé; les pièces qui sont faites ont été exposées en Europe, elles sont en route vers ici à l'instant. En fait c'est une réflexion sur les choses fausses, parce qu'en Chine, le faux, ça pleut... Non seulement les produits sont faux, mais aussi les identités (les fausses cartes sont très faciles à obtenir), le statut (les gens essaient de se faire passer pour riches) et les ambiances ne sont pas toujours authentiques et franches... Beau projet. C'est une ligne d'accessoires plutôt farfelus que je dois développer mais aussi améliorer la qualité de ce qui est déjà fait. Donc d'ici là, j'observe à peu près tout en cherchant le faux.

Détails: je me suis cuisiné mon premier souper! Un canard laqué? Des oeufs de cent ans? Non, une salade! (Ça c'est de la cuisine à ma hauteur). J'ai fait toutes les petites épiceries du coin pour trouver quelquechose pour mettre dans ma salade, une vinaigrette, de l'huile, de la dijon, de la crème sûre... Rien. Mei you. Il n'y en a pas. Les légumes crus, je crois que c'est pas leur truc ici. Donc, en pleine période d'inspiration, j'ai mis du yogourt et du sirop d'érable (oui, je me suis emmené du sirop d'érable, cliché mais si bon!). C'est pas une si mauvaise idée non? Qu'en penses-tu Iannick? (si vous ne connaissez pas Iannick, allez manger au Pistou). Et on verra demain s'il y a une raison qui explique pourquoi ils font cuire leurs légumes; pour l'instant je n'ai pas de maux de ventre.

mardi, janvier 23, 2007

Mardi le 23 janvier

Une journée à travailler sur la ligne de sacs (ça avance bien!).
En gros, c'est une série de quatre modèles de sacs qui auront chacun différentes variations. Chaque modèle est inspiré d'une façon dont les chinois transportaient traditionnelement les choses. La première façon a été apportée par Zhang Da, et je dois trouver les trois autres. Il m'a fourni plusieurs livres sur l'histoire de la Chine entre autres.

Mon objectif est de conserver les qualités et les fonctions de ces méthodes tout en les actualisant aux besoins d'aujourd'hui. C'est plutôt agréable comme premier projet non?

J'ai fait un premier prototype hier, auquel on a choisi deux directions. J'ai développé là-dessus aujourd'hui; sketchs et tests. Demain je commence à développer les idées de base des trois autres modèles et je lui présente le tout jeudi. Il a une bibliothèque assez complète au studio et je suis allée au Musée de Shanghai la semaine passée, donc je suis assez remplie en idées. Il est très occupé, alors il me laisse travailler plusieurs heures d'affilées sans me demander où j'en suis rendue. De temps à autre il m'apporte une revue ou une tasse de thé. Ses commentaires lorsque je lui présente mes choses sont concis et très efficaces; il met le doigt sur un aspect précis, et me voilà avec du travail pour 8 heures.

Et il ne chiâle pas encore quand je le dérange pour lui poser mes mille et unes questions (comment, pourquoi, que penses-tu de...). Même qu'il élabore avec enthousiasme sur plusieurs sujets qui m'intéressent. Pour la politique, je mets des gants blancs et jusqu'à maintenant, il n'y a pas de pots cassés.

Et c'est bon pour notre anglais à tous les deux. On prend le temps de chercher les mots qu'il faut pour que nos propos soient justes. C'est contradictoire (comme à peu près tout ici) mais autant la ville change vite et son rythme est fou, autant les gens ne semblent pas pressés par le temps. Ça m'a fait remarquer à quel point on se parle vite et on se dépêche pour tout régler, nous, impatients nord-américains.

J'ai aussi découvert plein de petits endroits agréables pour acheter ma bouffe; boulangerie, fruiterie, légumerie (pourquoi fruiterie existe et pas légumerie?)... Et ceux qui tiennent ces endroits sont sympathiques et honnêtes (par exemple je tends deux billets de 10 yuen - car je n'ai aucne idée du prix- et on me remet 15 yuen, on aurait facilement pu me charger le double du prix, je ne comprends rien et ne connait pas grand chose à la valeur ici...) D'ailleurs les fruits et légumes sont très abordables ici, moins cher que tout le reste, contrairement à chez nous.

Et une soirée... de sorties (faut profiter après tout). Premier arrêt: FACE. J'ai soupé chez Hazara, le resto indien de ce petit complexe situé dans une série de vieux bâtiments très jolis. C'était délicieux. Un peu cher pour le coin (c'est un peu un attrape-touriste, mais le genre d'attrape à laquelle on aime se laisser prendre...). Musique très bien choisie, du techno ambient à saveur ethnique, déco à croquer, service et bouffe super. Ça valait le 40 dollars (taxes et pourboires inclus, c'est pas trop mal pour un endroit *chic* non?). Ensuite un drink au FACE bar: un mojito à la mangue. J'ai pas trouvé la mangue mais c'était quand même très bon. Ça rivalise avec le cher Guillaume Blais, le barman magique du Zaz! Musique trip hop et gros coussins colorés, ambiance réussie. Regardez le lien.



Ensuite on va se coucher? Non, pas encore. Une bière au Woodstock Bar, un endroit qui figure dans mon Routard. Ouais, ça disait amical. Ça ressemblait au Zaz mais en plus crad et en quatre fois plus petit. Il y a même eu une chanson des Back Street Boys... Bon, une bière c'est assez. Xièxie bonsoir.

Ensuite on va se coucher? Non non non! Le Blue Frog juste en face semble bien. Une dernière bière, juste pour voir l'endroit. C'est bien une tournée des bars, mais en solitaire... ça devient ennuyant. Un endroit où tout est éclairé en bleu et où les employés sont vraiment biens. À retenir, agréable et pas cher.



Je me suis déplacée en taxi ce soir. Toute seule en taxi pour la première fois. Bon, les chauffeurs ne parlent pas un mot d'anglais. Pour me rendre, j'avais préparé le nom de la rue en chinois (c'est la rue où Gugu habite donc je l'avais de noté en symboles chinois) et une carte où les rues étaient inscrites en alphabet latin. Il pleut, tout le monde veut un taxi. Je réussis à en attraper un; ho il n'aime pas les touristes lui... Il regarde ma carte me chiale un peu et me signe de descendre. He... touriste recherche chauffeur compréhensif, pourboire inclus... Deuxième essai: je montre mes cartes et essaie d'expliquer, avec le sourire... Ça marche, chauffeur très sympathique. Fiou, je me suis rendue! Je lui ai dit merci trois fois et lui ai donné du pourboire, ce qui n'est pas coutume ici (faut bien qu'ils apprennent à nous apprécier).

Détails: ici les feux de circulation ont une lumière jaune non seulement entre la verte et la rouge, mais aussi entre la rouge et la verte, pour avertir que le départ s'en vient. He bien, c'est pas ce qu'il y a de plus sécuritaire. Les chauffeurs de taxis (qui sont aussi rodéo que les nôtres) partent sur la jaune... Et personne ne s'attache ici, sauf moi... Aussi, les chauffeurs de taxi sont protégés par un mini-abri en plexi-glass, ce qui rend plus difficile les coups de poing. Et il y a des télévisions qui diffusent des publicités sur les appuie-tête, pour les gens assis en arrière. En fait il y a des pubs à peu près partout où il y a de l'espace pour en mettre ici.

lundi, janvier 22, 2007

Le manoir aux horreurs



Chaque fois que je passe devant cet immeuble, je ne me sens pas bien. Il a l'air méchant. Et en plus il y a une grosse pancarte devant «appartement à louer, bail disponible pour court terme», ce qui n'est pas coutume ici... C'est clair qu'il est hanté.

Lundi le 22 janvier

J'ai rêvé cette nuit que le ciel de Shanghai était bleu. Puis quand je me suis réveillée, le soleil n'était pas encore levé. J'allume ma lumière... pas de lumière. Bon lundi matin sans électricité! (et sans eau chaude donc)... Pourrais-je rêver encore un peu svp?

Le projet au travail avance bien! Mes idées et ma façon de travailler semblent corrects, pas de photocopiage en série en vue! Voici la vue du balcon du studio, 19e étage:




Cet après-midi, Gugu est venue nous rejoindre et on est allés à la boutique où les vêtements de Zhang Da sont vendus, dans un vieil immeuble près de la rivière. Un quartier luxueux et cher. Les autres vêtements vendus dans la boutique sont assez... inintéressants. Le genre de vêtements pour satisfaire les madames riches, froufrous et fourrure.

Dans d'autres immeubles autour, il y avait de jolies petites boutiques très mignonnes. Des souliers traditionnels faits sur place, des tissés à l'ancienne, de la céramique toute blanche et bleue.

Ensuite on est allés dans une galerie d'art contemporain où deux installations s'y trouvaient. Je vous trouve des photos et le nom de l'artiste et je vous revient avec ça!

Et pour finir la journée en beauté, ils sont venus chez moi voir mon manque d'électricité, et l'ont fait revenir. Magie.

dimanche, janvier 21, 2007

Dimanche le 21 janvier


Journée sérieuse aujourd'hui, on est loin des folles dépenses d'hier: devoirs et finalisation des esquisses et patrons pour Zhang Da. C'est mieux d'être bien, sinon je vais me retrouver à faire du thé pendant 3 mois...

Quand je suis allée dîner ce midi, j'ai montré à la serveuse ce que je voulais manger (Win Le me l'avait écrit sur un bout de papier quand j'étais allée au resto avec elle; c'est une soupe aux nouilles et au boeuf épicée, avec du genre de chou... chinois). Je suis allée dîner à ce même resto cette semaine, c'était le même serveuse et j'avais utilisé la même méthode de touriste. He bien aujourd'hui je n'ai pas eu le même plat! Bon quand même. Faudrait bien que j'apprenne à le demander, j'ai l'air arriérée avec mon bout de papier.

Les gens étendent leurs vêtements un peu partout pour les faire sécher dehors. Voici Downy, fraîcheur Shanghai (remarquez bien ce qui sèche à côté des sous-vêtements à gauche... he oui, des têtes de poissons):





Et depuis ce matin, ça fait au moins trois objets volants non identifiés qui passent devant ma fenêtre. Quand tu habites au 29e étage, aller les chercher dans le stationnement en-bas... j'imagine la maman chinoise fâchée! D'ailleurs il y a une serviette accrochée sur le bord de ma véranda depuis quelques jours... Il n'y a personne qui est venu cogner à ma porte pour la récupérer!

samedi, janvier 20, 2007

Shopping in Shanghai II

J'en fais des choses pendant que vous dormez!
J'ai tellement pédalé aujourd'hui que les cuisses me brûlent... Ça va être un séjour tonique!

J'ai pédalé assez loin pour aller voir une boutique qui m'intriguait beaucoup; Shirtflag. Un publicitaire a lancé une ligne de vêtements, de sacs et d'objets divers influencés par les publicités des années 60-70. Un clin d'oeil humoristique, intelligent et artistique au communisme. le site de Shirtflag



Ensuite comme il faisait noir, j'ai flâné un peu mais pas osé aller plus loin; se perdre dans le noir c'est ordinaire.

Je suis allée chez Boonna2 boire une TsingTao. Après tout ce vélo et une semaine sans une goutte d'alcool, disons que une, c'était assez. J'ai équilibré ça avec un thé avant de repartir... C'est un peu long boire une bière toute seule. J'ai failli aborder des inconnus pour pouvoir parler un peu, mais je me suis ravisée. Je ne suis pas encore assez en manque de compagnie pour me dégêner.

Boonna c'est une place de touristes; plus de la moitié des clients n'étaient pas chinois. Et ils servent de la bouffe et des boissons pareils comme à la maison (ce qui explique la présence d'exilés). Ambiance bien agréable, chaleureuse, pas trop cher. Mais ça manquait un peu d'amis. Qui vient avec moi la prochaine fois?



Je suis rentrée à 21:30, c'est le plus tard que j'ai pu. Je baîllais aux corneilles (peu-être pour ça que je me suis pas fait d'amis)!

Joli objet


Zhang Da m'a offert ce livre fait à la main qui servait -et sert encore- à faire des estampes.

Shopping in Shanghai

Pour ce premier samedi dans la ville, j'ai choisi d'aller me promener en vélo dans la concession française (entre autres parce que c'est le seul quartier où je peux aller à vélo sans me perdre, et aussi parce que c'est joli et qu'il y a de belles boutiques).



Le quartier où j'habite est plutôt résidentiel; presonne ne comprend l'anglais et tout est très typique du coin, ce que j'aime bien. Mais aller faire un tour dans le quartier français, se faire comprendre par les vendeurs et manger de la bouffe européenne, même après une semaine seulement d'exil, c'est bon!



Je suis allée chez Zugzug par Wang Yiyang, un designer très in ici.



C'est l'ami de Zhang Da mais aussi son compétiteur. Des collections surprenantes; à peu près rien de portable, des détails assez... farfelus (comme une collection avec des coussins intégrés- confort optimal, silhouette douteuse, et une autre collection avec des gros (gros-30cm?) pois en vinyle très glossy noir appliqués sur un joli tricot... Pauvre tricot!!! Mais aussi des matiéres intéressantes et des coupes vraiment bien pensées. Et... j'ai craqué pour une veste qui détonnait du reste de la collection. À moins que toutes les pièces vendables se soient déjà envolées et qu'il reste seulement les choses douteuses? Les matières sont très belles et de qualité et la confection aussi. Je vous la montre, j'ai pris des photos avec mon laptop (plusieurs détails intéresants ne se voient pas avec la photo...).



D'ailleurs le design de la boutique était vraiment réussi; presque tout, du plancher au plafond incluant les meubles, était recouvert de tape couleur carton. Vraiment joli et peu coûteux!

Autre endroit vraiment adorable, dans un tout autre style; Perk.




Cette boutique appartient à un couple de graphistes-illustrateurs-photographes-designers... Ils font le design des produits vendus; sacs, livres, vêtements, macarons... Me suis acheté ce t-shirt:



Ainsi qu'un très beau livre d'illustrations et de photos dans lequel il reste des pages blanches... à compléter! Joli concept. Des photos de Zhang Da sont d'ailleurs dans le livre; je crois que c'est eux qui font ses shootings (il a l'air de connaître beaucoup de gens..:)



J'ai aussi vu plusieurs boutiques plus traditionelles, avec des jolis objets. Beaucoup de boutiques de vaisselle aussi... Si c'était pas si lourd et si fragile... Peut-être que je vais en envoyer par la poste, c'est pas très cher et tellement beau.

Je pédalais tout à l'heure, et je réalisais que , wow, je suis à Shanghai, ça a marché. J'étais toute émue, bien loin dans mes pensées, quand je me suis rendue compte que... je savais plus du tout où j'étais. J'avais pédalé, lunatique comme je suis, sans regarder oû j'aillais! J'étais entourée de gros buildings que je n'avais jamais vus, complètement perdue! Ça m'apprendra à être émue! Puis par hasard, j'ai débouchée dans une rue que je reconnaissais. Fiou.

Mais ce n'est pas fini! Il n'est que quatre heures pm, et les magasins ferment à 9. J'ai réussi à comprendre mes cartes de la ville tout à l'heure (enfin-j'avais même demandé de l'aide, mais il semble que les cartes ici, personne n'utilise vraiment ça... Même les noms de rue d'ailleurs, il n'y a que les grosses rues d'indiquées. Tout pour nous aider, nous pauvres touristes en soif de découvertes!). Alors je vais voir une autre rue qui semble bourrée de trésors. Je suis venue ici porter mes paquets (hihi, comme s'ils étaient très gros) et attendre que la pluie cesse-c'est fait.



Et j'ai choisi où j'allais prendre un verre (un, parce que l'alcool ici est le même prix qu'à Londres dans les bars, aïe) ce soir; je commence prudemment, dans un lounge bourré de touristes. J'ai trois mois pour découvrir le nightlife après tout!

vendredi, janvier 19, 2007

La gestion des déchets

15 millions d'habitants à Shanghai. Imaginons un instant les tonnes de déchets. Pas de recyclage.

J'ai trouvé une façon de recycler mes bouteilles, c'est déjà ça. Une dame âgée habite le premier logement au rez-de-chaussée. Une toute petit dame fripée qui marche avec une canne et qui est toujours souriante. Elle ramasse toutes les bouteilles qu'elle trouve, j'imagine pour se faire quelques sous. Depuis que je lui donne les miennes (je les dépose devant sa porte, et parfois elle me voit) elle ne rate pas une occasion de me dire bonjour ou merci.

Vendredi le 19 janvier

Une journée chez moi (Zhang Da enseignait à l'université) à faire du ménage et des devoirs (j'ai un cours par correspondance avec Concordia sur l'hisoitre de la Chine). Rien de palpitant! Voici quelques photos prises en marchant:





Finalement, je crois que le décalage horaire se fait encore sentir... Je m'endors de plus en plus tôt et me réveille de plus en plus tôt, comme si tranquillement mon corps pensait revenir à l'horaire de Montréal! Non! Je ne le laisserai pas faire! Pour contrer cela, je devrai sortir ce soir, question de m'obliger à me coucher plus tard. Tu ne m'auras pas, décalage horaire!

Le lever du soleil ici, ça n'existe pas, c'est plutôt le lever du jour. Ça passe de gris foncé à gris pâle. Pas de teintes, de rosés ou orangés, pas de bleu... Que de la grisaille, chaque jour. Méchante pollution va.

jeudi, janvier 18, 2007

De la compagnie

Maman, pas de panique, je n'attraperai pas la Malaria. J'ai des amies dans ma cuisine, de jolies bêtes qui ressemblent à des coquerelles mais en plus foncées et des moins jolies qui ressemblent à des gros perce-oreilles (je sais, c'est déjà gros un perce-oreille, mais plus gros encore). J'ai fait des recherches sur Internet sur les insectes chinois, et tout ce que j'ai trouvé ce sont des recettes...

Première journée de travail

Ça c'est très bien passé! Je sens que je vais beaucoup aimer. La façon de travailler ressemble beaucoup à celle de mon travail pour Ying: il me donne son idée et me laisse travailler là-dessus jusqu'à ce que j'aie des choses concrètes à lui montrer. J'aime ça, ça me laisse beaucoup de place à l'expérimentation, sans me sentir observée à chaque essai.

Le premier projet sur lequel je travaille est une ligne de sacs qui sera inspirée des manières traditionnelles chinoises de transporter les objets, tout en les rendant actuels. J'ai donc commencé par fouiller dans les livres et les revues de toutes sortes. Il m'a montré plein de choses passionantes autant sur l'histoire de la Chine que sur la Chine d'aujourd'hui. Vraiment enrichissant. Et puis j'ai commencé à sketcher et à faire des prototypes. Pour une première journée, je suis comblée!

Il est le seul à parler anglais dans l'atelier. J'ai rencontré la couturière, la patronniste et sa mère, qui ont toutes l'air gentilles. (C'est dur à dire quand tu ne comprends pas ce qu'elles disent...)

Je suis encore allée au resto seule aujourd'hui, mais par chance il y avait des photos sur le menu cette fois-ci!



Contrairement à ce que l'on pense, ce n'est pas si différent de nos restos chinois occidentaux. Ne me demandez pas c'était quoi, mais c'était bon.

mercredi, janvier 17, 2007

Mercredi le 17 janvier

S'il n'y avait pas tant de pollution, il ferait soleil aujourd'hui! C'est une belle journée douce...

Gugu st venue me chercher en vélo ce matin, on a pédalé jusque chez elle. C'est un joli studio et c'est là qu'elle travaille (j'y travaillerai donc aussi). On a discuté de ses projets futurs, de ses intérêts, et de comment j'allais l'aider. Elle a travaillé lorsqu'elle était à Paris chez Promostyl entre autre, alors elle vit pour l'instant comme consultante en couleurs pour différents clients. Ses idées sont très intéressantes. Ça fait seulement six mois qu'elle est revenue de Paris, alors elle a plein de choses à découvrir elle aussi à Shanghai, et elle compte les découvrir avec moi! Elle compte me traîner avec elle dans tous les racoins de Shanghai pour y trouver des tendances et des idées... J'en ai l'eau à la bouche!

Ensuite j'ai laissé mon vélo au métro, et je suis partie toute seule, comme une grande, au musée de Shanghai. J'ai eu de la difficulté à le trouver... Je me suis postée devant une publicité du musée en question (après avoir cherché en vain pendant 25 minutes) jusqu'à ce que je trouve quelqu'un qui savait où il était en leur montrant l'image du musée (je suis tombée sur des touristes aussi perdus que moi au début, pourtant chinois).



C'est un musée sur l'art ancien, ça tranchait avec le Shanghai d'aujourd'hui. Catherine, tu dois identifier à quelles ethnies chinoises appartiennent ces costumes traditionnels (tu as quinze minutes):







Je me suis acheté un premier souvenir, elle était trop craquante:



Et j'ai trouvé ces papiers découpés:



Et ensuite j'avais rendez-vous chez-moi pour l'installation de l'Internet! Raison pour laquelle vous avez enfin des nouvelles! Parce que les cafés Internet ça ne pleut pas dans mon quartier, je n'en ai vu aucun. Je m'engage donc, à partir d'aujourd'hui, à vous donner des nouvelles quotidiennement. De toute façon c'est bon pour mon moral! Surtout si vous commentez mes messages (pour les nouveaux-venus dans l'univers des blogues, vous cliquez sur Comments juste en bas, il y a un petit crayon jaune à côté).

Le décalage horaire c'est finit d'ailleurs! Et je trouve que j'ai déjà beaucoup moins l'air d'une touriste, j'ai beaucoup plus d'assurance lorsque je suis seule. Il faut dire que j'ai tellement été bien acceuillie, c'est difficile de ne pas être en confiance!

Mardi le 16 janvier

Un matin de découverte à pied, j’élargit ma zone… et je réussis à ne pas me perdre. Je crois que je commence à comprendre mon quartier.





Mon aventure de la journée : je suis allée dîner toute seule au resto. Ouf. D’abord je n’ai pas choisi le bon resto (je m’en rends compte une fois assise) : c’est un resto de fondue chinoise, tout le monde est en groupe d’au moins quatre… Oups. Trop tard, je suis là. Les employés ne parlent pas plus de deux mots d’anglais et ils semblent pas mal plus stressés que moi. Je leur montre des signes chinois dans mon guide pour commander (le menu est en chinois seulement). Riz sauté/ bœuf/ thé. Ils ont l’air d’avoir compris. La serveuse arrive quelques minutes plus tard avec une assiette avec quelque chose qui ressemble à huit boulettes de steak haché dans de la sauce brune au poivre, avec un couteau et une fourchette… Je vois, je suis une blanche alors on m’amène un plat «occidental». C’est pas mangeable, je me force à manger une boulette. Par chance mon riz arrive et lui est bon, mais c’est une montagne. Les portions dans les restos sont énormes, je ne comprends pas comment les chinoises font pour être si menues. On m’amène des morceaux de melon d’eau (la plupart des restos font ça), je paye et je quitte. La plupart des tables étaient arrivées avant moi et commençaient à peine l’entrée. Faudrait que je commence à différencier les fast-foods des autres…

L’assistante de Zhang Da et Gugu est passé me chercher vers quatre heures. Elle ne parle pas beaucoup l’anglais, alors on s’est entendues que je lui apprendrais l’anglais alors qu’elle m’apprendrait le chinois. Elle est étudiante à l’Université et a mon âge, très sympathique. Elle est allée m’abonner à l’Internet chez China Telecom, et ça a eu l’air tellement compliqué… On est allées pour me trouver une carte de métro ensuite (ça ne fonctionne pas comme ici, c’est une carte électronique sur laquelle tu déposes de l’argent et quand tu passes les tourniquets, retire ce que ça coûte selon la distance faite) mais il n’en restait plus. Il pleuvait beaucoup et c’était l’heure de pointe alors on grelottait sous son parapluie, on arrivait pas à trouver de taxis (tous plein). Malgré tout on a beaucoup rit. On est allées manger une soupe aux nouilles et au bœuf épicée qui était vraiment bonne, je lui ai fait écrire le nom du plat en chinois sur un papier pour pouvoir recommander la même si j’y retourne.

Et le dernier arrêt c’était le studio de Zhang Da, que je n’avais pas vu encore. Au 19e étage d’un building pas très loin de chez moi (une dizaine de minutes à pied), c’est joli et assez grand. Il m’a montré toutes les photos de ses collections passées et m’a expliqué sa vision de l’entreprise. Gugu est venue nous rejoindre et on a discuté de ce que seront mes tâches, pour lui comme pour elle. Je vais travailler pour les deux (ils font de la consultation ensemble, un petit bureau de style si on veut, et lui en plus tient sa collection). Du patron, de la recherche, faire le design d’une ligne d’accessoires, du cool-hunting… J’ai hâte de commencer.

Ma première journée à Shanghai

Lundi le 15 janvier

Je décide d’aller marcher en matinée, Zhang Da me rejoint chez moi seulement à midi. J’ai peur de me perdre, tout se ressemble et tout est surchargé de pubs, de signes, de couleurs… Difficile de se trouver des points de repère dans ce raz-de-marée de surcharge. Je marche donc en ligne droite sur la grande rue transversale à mon building. D’ailleurs il y a environ 8 builings identiques et collés au mien ; merci, le mien a un gros 30 inscrit à l’avant en plus du signe chinois. Je me sens un peu comme une extra-terrestre ; disons que Shanghai n’est pas très multi-culturelle… J’achète quelques trucs (du jus d’orange-Minute Maid, des céréales-Corn Flakes de Kellog’s… les marques américaines et européennes ont envahies la Chine) et retourne après près d’une heure d’exploration prudente chez moi.





Zhang Da arrive pour m’emmener acheter ce qu’il me manque pour mon appart chez… IKEA, qui a des clones partout dans le monde. Identique de A à Z, ça fait presque peur. Pour s’y rendre on prend le métro, qui n’est pas souterrain (par chance, parce que avec tous les nouveaux développements dans la ville – ça pousse comme des champignons depuis dix ans- le sol s’affaisse de 1,5 cm par an…). Plus futuriste que le nôtre et plus propre, mais sinon très semblable. Il m'a montré un marché près de chez moi ensuite:



Mon expérience la plus hardcore de la journée ? Le supermarché… Gigantesque, j’en ai mal au cœur. D’ailleurs j’ai le post mal de l’air depuis mon arrivée en terre ferme; parfois ça tangue… Le supermarché et la foule et l’immensité des allées, le trop de choix, le bruit… Ça tangue ! Qui a dit que la Chine était zen ?! Mais Zhang Da a pris la peine de venir jusqu’ici avec moi pour que je fasse mon épicerie, alors un effort… L’étage du bas réservé aux choses non comestibles, j’achète des produits nettoyants et ce qu’on n’a pu trouver chez Ikea. Ensuite, au rez-de-chaussée, les tonnes d’aliments à perte de vue… par chance que Zhang Da est là pour me guider. Je finis par acheter du pain, du fromage, du yogourt… Rien de chinois finalement. On revient en taxi – je crois que j’ai l’air morte- puis Zang Da me suggère d’aller faire une sieste. Il revient deux heures plus tard avec… un vélo ! Je vais me déplacer dans la ville en vélo ! Wow.

L'arrivée

Dimanche le 14 janvier

Après 27 heures interminables passées dans les nuages canadiens et pacifiques et les aéroports de Montréal, Vancouver et Shanghai… je suis arrivée.

Deux chaleureuses personnes m’attendaient avec mon nom inscrit sur une feuille à travers une foule nombreuse (bienvenue à Shanghai !). Une heure d’autobus et de taxi et me voilà chez moi : surprise ! Un quatre et demi en bonne condition, avec une toilette, une douche, l’eau chaude… J’ai même une chaufferette dans ma chambre. Maman, je sais que tu veux savoir ce que je vois par la fenêtre : des buildings, des grands buildings… Le mien a 29 étages. Différent de mon triplex verdunois !

Zhang Da et Gugu, qui elle parle français (je vous ai dit que je suis chanceuse ?) m’ont préparé l’appartement : des couvertures dans mon lit, des bouteilles d’eau sur ma table de salon (l’eau n’est pas potable à Shanghai), du papier de toilette dans la salle de bain… Et l’appartement est propre. Zhang Da a même mis mes clés d’appartement sur un joli porte-clé… Tout un accueil !



J’ai ensuite eu droit à mon premier souper chinois, dans un typique resto. Dumpligs aux crevettes, bœuf sauté aux champignons et dessert au lait (une genre de crème brûlée mais pas brûlée !). Très bon ! Mon estomac a l’air d’apprécier aussi.